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Tout doit disparaître

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06.01.2026

Au sortir d’un magasin à rayons, je regardais les files, les cartes de crédit et les visages longs en pensant aux critères de sobriété écologique à remplir dans les cases des nouveaux formulaires des conseils des arts, alors que nos gouvernements reculent partout sur leurs propres cibles. Mon imaginaire débridé n’arrivait pas à voir comment pouvaient cohabiter de telles réalités. D’un côté, on demande aux artistes de montrer à quel point ils sont doués pour diminuer leur empreinte carbone et, de l’autre, on nous regarde collectivement continuer à remplir nonchalamment le dépotoir, sans broncher.

Comprenez-moi bien : je ne dis pas que les organismes artistiques devraient emboîter le pas et s’adonner au même laxisme que celui que les pouvoirs publics s’autorisent. Je veux simplement signaler que, souvent, ces démarches sont déjà des actions de récupération et de recyclage. Que les organismes disposent de peu de moyens pour porter le poids d’un audit de leurs actions vertes. À plus forte raison lorsqu’elles sont scrutées par des politiques adoptées sous le règne d’affairistes n’ayant que le mot croissance à la bouche.

Parlant de magasinage, réjouissons-nous de la circulation d’une œuvre atypique qui constitue un exemple probant des pratiques de récupération au sein même de l’élaboration des langages artistiques. La scénographe Odile Gamache a réalisé, il y a quelque temps, un fantasme de longue date, qui n’est pas sans rappeler le travail de l’artiste multidisciplinaire Claudie........

© Le Devoir