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Les dégâts désastreux de l’intelligence artificielle

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04.04.2026

Chaque jour, je me demande comment on a pu commettre l’erreur d’inclure l’intelligence artificielle (IA) dans autant de domaines. Son utilisation intensive, dans les dernières années, comme une baguette magique servant de raccourci pour générer autant d’argent que de mérite sans effort me scandalise. Pourtant, la menace semble invisible auprès des jeunes adultes de mon âge, et j’en rougis à la fois de honte et de frustration.

En tant qu’élève en arts visuels, j’ai toujours entendu parler de l’art comme de quelque chose qui a une valeur dans son idée et dans son processus. Des grands artistes contemporains, comme le duo d’Abramović et Ulay, jusqu’aux plus célèbres, tels que Van Gogh, on nous enseigne à quel point le cœur dans l’œuvre est important.

À même Joliette, nous avons eu la chance d’avoir des enseignements d’artistes d’ici, et pourtant, j’ai été outragée par la facilité avec laquelle cette bestiole artificielle arrive à s’immiscer dans des cours qui étaient censés nous inspirer. Pour moi, une professeure qui se dit artiste et qui, en pleine conscience, s’adonne plutôt à demander des illustrations à ChatGPT accepte de trahir l’art, et je pèse mes mots.

Plutôt que de suivre vos propres indications, vous préférez aller à contresens de vos enseignements. Doit-on vraiment croire au dicton qui dit qu’il ne faut jamais croiser ses héros ? Bien sûr, c’est sans parler de célébrités comme Pink Floyd, qui, au concours de vidéos The Dark Side of the Moon, a laissé gagner une vidéo entièrement générée par l’IA, crachant ainsi au visage de ceux qui ont passé près de sept heures à se donner pour leur groupe préféré.

Encore, si l’on devait mentionner les internautes qui se prennent pour des artistes professionnels en se faisant payer des images générées par l’IA, les exemples ne finiraient jamais.


© Le Devoir