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«L’odyssée», par-delà guerre et fidélité

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22.07.2026

Le dernier film de Christopher Nolan, L’odyssée (V.F. de The Odyssey), fait l’objet d’un engouement remarquable, et ce que je souhaite faire ici n’est pas d’ajouter une énième critique, mais plutôt d’analyser le film de Nolan à l’aune de L’odyssée d’Homère, afin de montrer ce qui a échappé à son réalisateur, c’est-à-dire Ulysse lui-même.

Si cette œuvre majeure de l’Antiquité a traversé les siècles et qu’elle continue de peupler les bibliothèques des universités, c’est précisément parce qu’elle nous apprend à lire. Nolan, dans son film, nous contraint à la passivité, là où Homère nous conduit plutôt à la réflexion. Le poème de L’odyssée nous invite à mettre en doute les discours des hommes, leurs gestes et leurs motivations et parvient même à nous rendre sceptiques à l’égard de la narration.

Nolan, en créant un Ulysse brisé par son expérience de la guerre, très sensible à la moralité de ses gestes, avec un caractère qui va jusqu’à la mélancolie, lui refuse les subtilités qui font d’Ulysse un personnage complexe dans l’épopée : sa ruse, sa propension au mensonge et sa curiosité. Le film échappe ainsi à la question que le lecteur doit constamment se poser : suis-je en train de me faire berner par Ulysse ? On pourrait presque croire que Nolan, en effaçant la ruse et le mensonge de son film, s’est fait lui-même avoir par le héros d’Homère.

Dans L’odyssée, au moins quatre chants (sur vingt-quatre) dépeignent les aventures d’Ulysse racontées par lui-même aux Phéaciens. Il se pose ainsi comme le créateur même du récit qu’il fait de son retour de........

© Le Devoir