Idées|Le refus de l’entente Aishkat peut-il mener vers une réelle autodétermination territoriale innue? Adèle Clapperton-Richard, Chléo Pelletier et Mélanie Bellefleur
Au terme de 10 jours teintés par de nombreuses réactions tant dans la communauté de Pessamit, sur les réseaux sociaux, que dans les médias, l’entente Aishkat proposée par le gouvernement du Québec et Hydro-Québec a finalement été rejetée à 63 %. Ce projet d’entente a créé de la division et beaucoup de controverse, de stupeur et d’inquiétude. L’opacité du processus entourant cette proposition, la rapidité de l’annonce du projet et le trop court temps de consultation et d’analyses indépendantes avant le vote ont été à juste titre décriés.
Nous souhaitons amener ici quelques éléments de réflexion qui permettent de comprendre ce refus, mais surtout de situer ce genre d’entente entre les Premières Nations et l’État québécois dans le continuum d’un processus historique et politique précis : celui d’une logique de dépossession qui légitime la souveraineté étatique plus que l’autodétermination et la gouvernance des peuples autochtones.
Les rivières comme patrimoine culturel
Rappelons d’abord que le Nitassinan ciblé par l’entente est parcouru de trois grandes rivières patrimoniales, la Pessamiu Shipu (Betsiamites), la Piletipishtuk Shipu (aux Outardes) et la Manikuanishtuk (Manicouagan). Ces rivières sont les témoins du mode de vie ancestral des Pessamiulnuat et de nombreuses autres nations ayant cohabité sur ces territoires.........
