Le retour des prénoms anciens
Depuis une vingtaine d’années, les prénoms populaires au début du siècle dernier connaissent un essor renouvelé. Un simple coup d’œil sur le plus récent palmarès des prénoms québécois permet de constater l’engouement pour les Léo, Simone, Arthur ou Béatrice. Et il n’est plus surprenant de rencontrer d’autres Juliette, Émile, Margot ou Léon s’amuser dans les cours d’école. Comment expliquer le retour en force des prénoms que portaient autrefois nos arrière-grands-parents ?
Pour répondre à cette question, il faut d’abord rappeler que jusqu’à la fin du XIXe siècle, le prénom était transmis en héritage ou choisi en l’honneur d’un saint du calendrier. Il remplissait une fonction bien précise : inscrire l’enfant dans sa communauté.
Au Québec, il faut attendre l’arrivée du XXe siècle pour que les parents choisissent de leur plein gré le prénom de leurs enfants. La modernisation graduelle de la société, marquée par une moindre emprise des institutions religieuses sur les pratiques familiales, incite peu à peu les parents à mettre de l’avant leurs préférences personnelles. La diffusion de la contraception et l’entrée massive des femmes sur le marché du travail contribuent à rendre chaque enfant plus rare — c’est d’ailleurs l’un des faits démographiques les plus remarquables de notre histoire récente. L’enfant n’est plus seulement un maillon dans la chaîne familiale, mais un individu à part entière, dont l’arrivée est sagement planifiée.
À partir des années 1980, avec l’individualisation croissante des sociétés occidentales et l’intensification de la mondialisation, le répertoire des prénoms disponibles au Québec s’élargit considérablement. Selon les plus récentes données de Retraite Québec, 3700........
