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Quand la médecine prend le masculin pour universel

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29.06.2026

Notre système de soins souffre d’une faille structurelle qui entraîne un manque de recherche et donc de connaissances sur la santé des femmes, explique Sarrah Bakhty.

En 1935, deux médecins américains croient apercevoir des kystes sur les ovaires des femmes qu’ils opèrent. De cette observation, ils tirent le nom d’une condition entière : le syndrome des ovaires polykystiques. Pendant près de 100 ans, des millions de femmes sont diagnostiquées suivant cette grille de lecture. Le problème, c’est qu’elle s’est avérée trompeuse. En plaçant les kystes au cœur du diagnostic au détriment de ce qui caractérise vraiment la maladie – un déséquilibre hormonal et métabolique –, des millions de femmes ont ainsi glissé entre les mailles du système médical.

Le National Institutes of Health, principale agence publique de recherche médicale aux États-Unis, sait depuis 2012 que cette interprétation est incorrecte. Pourtant, ce n’est que le 12 mai dernier que la revue médicale britannique The Lancet officialise sa nouvelle appellation : syndrome métabolique ovarien polyendocrinien.

Il aura donc fallu 14 ans pour corriger un nom qu’on savait faux, 14 longues années pendant lesquelles des femmes ont continué d’errer entre les cabinets à se faire répéter qu’elles « n’avaient rien ».

On pourrait lire cette histoire comme une anecdote, voire comme le rappel un peu embarrassant qu’aucune science n’est infaillible. Pourtant, elle révèle qu’en médecine, certaines erreurs........

© La Presse