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On ne peut plus fermer les yeux

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Les cosignataires demandent la tenue d’une enquête provinciale sur la violence intrafamiliale afin de prendre la mesure des conséquences humaines, sociales et économiques de celle-ci.

Une personne sur dix. C’est la proportion de Français ayant déclaré avoir été victimes de violences sexuelles commises par un membre de leur famille, dans une enquête réalisée en 2020⁠1. Rapporté au Québec, cela représenterait plus de 900 000 personnes.

Pourtant, ici, nous ne savons rien, ou presque.

Au Québec, aucune enquête populationnelle n’a jamais été menée pour mesurer l’ampleur réelle de l’inceste, des violences sexuelles ou des violences intrafamiliales vécues dans l’enfance.

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) reconnaît pourtant que la violence sexuelle constitue « un enjeu majeur de santé publique ».

Les seules données disponibles du côté de l’INSPQ ou de l’Institut de la statistique du Québec proviennent essentiellement des plaintes et des signalements. Résultat : les chiffres officiels donnent l’impression d’un phénomène marginal⁠2.

En 2021, 70 cas d’inceste ont été rapportés au Québec. En 2022, 54. Pourtant, dans ce même rapport du ministère de la Sécurité publique, on apprend que près de 70 % des infractions sexuelles déclarées ont été commises dans une résidence privée.

Comment expliquer un tel écart entre les statistiques officielles et ce que rapportent les survivantes, les survivants et les experts de terrain ?

Cette absence de données s’inscrit dans un contexte plus large : celui d’une violence intrafamiliale mal documentée. Avec plus de 28 000 victimes de violence conjugale par an et une hausse continue des féminicides, les enfants exposés, parmi les plus........

© La Presse