Une loi qui a révolutionné notre façon de penser la prostitution
En décembre 2014, dans un contexte de débats difficiles, le Canada adoptait le modèle suédois en matière de prostitution par l’entremise du projet de loi C-36. La version canadienne de ce modèle législatif est loin d’être parfaite, mais dans son essence, cette loi est, pour moi, révolutionnaire… parce qu’elle révolutionne notre façon de penser la prostitution.
Comme partout ailleurs, la population canadienne se dit que la prostitution existe depuis la nuit des temps et qu’elle existera toujours. Ce modèle législatif refuse ce postulat.
Cette loi dit que dans la majeure partie des situations, la prostitution est une forme d’exploitation à laquelle on peut mettre fin ; elle révolutionne notre capacité à imaginer un autre monde, à penser autrement les causes de la prostitution.
Que, pour reprendre des termes capitalistes, c’est parce qu’il y a une demande qu’il y a une offre de prostitution. Et non l’inverse.
Depuis maintenant 10 ans, le fardeau de la criminalité en matière de prostitution a été inversé : les infractions criminelles concernent le fait de tenter d’obtenir des services sexuels (clients) et de tirer des avantages de la prostitution d’une autre personne.
Les personnes qui vendent, tirent avantage ou font la........
