Ce que veut vraiment dire « décriminaliser le travail du sexe »
Martine B. Côté croit que la législation actuellement en vigueur au Canada est adéquate, car elle protège celles pour qui la prostitution rime avec exploitation.
Récemment, dans l’espace public québécois, il a été beaucoup question de « travail du sexe » et des hommes handicapés. Le 13 mars dernier, la réalisatrice du film Invisibles, Junna Chif, interviewée par La Presse, explique sa vision du « travail du sexe », une prostitution choisie comme métier, qui se distingue d’une prostitution forcée, qui relèverait de l’exploitation. L’entrevue se conclut sur sa revendication « en faveur de la décriminalisation du travail du sexe1 ». Comme je consacre mes travaux de recherche aux modèles législatifs en matière de prostitution, je me permets d’expliquer ce que signifie cette revendication maintes fois scandée, mais rarement explicitée.
Il est important de préciser que depuis 2014, au Canada, les personnes qui vendent et publicisent leurs propres services sexuels ne sont plus criminalisées. Et ça, tout le monde s’entend pour dire que c’était la chose à faire. Puisque les femmes qui vendent des services sexuels bénéficient d’une immunité de poursuites pénales, que réclament donc les partisans de la décriminalisation du « travail du sexe » ?........
