Des signaux d’alarme ignorés
La professeure Mariam Hassaoui, coautrice de rapports sur les interpellations policières et le profilage racial au SPVM, estime que les abus allégués au poste 39 de Montréal-Nord sont la manifestation extrême de dynamiques qui avaient déjà été identifiées. Si les recommandations formulées dans les différents rapports avaient été mises en œuvre, écrit-elle, les conditions ayant permis l’émergence de tels comportements auraient été substantiellement modifiées.
Les évènements récents survenus au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), impliquant le démantèlement d’une équipe de patrouilleurs soupçonnés de comportements racistes répétés et coordonnés, à la suite d’allégations selon lesquelles certains agents auraient ciblé de manière abusive des personnes noires et d’origine arabe, tout en banalisant la collecte de « trophées » capillaires, ne relèvent pas de simples dérives individuelles, mais témoignent d’un climat organisationnel au sein duquel ces comportements ont pu être tolérés, encouragés et reproduits collectivement.
Ils doivent être analysés à la lumière d’un corpus substantiel de recherches et de rapports institutionnels portant sur le profilage racial. Loin de constituer une anomalie isolée, ces faits s’inscrivent dans une trajectoire documentée où les pratiques policières à Montréal font l’objet, depuis plus de deux décennies, de constats convergents quant à l’existence de biais raciaux dans les interventions policières.
Le rapport de 2019 sur les interpellations policières à Montréal mettait déjà en évidence des disparités majeures révélant que « les personnes autochtones et noires étaient de quatre à cinq fois plus susceptibles d’être interpellées que........
