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Je ne pensais pas réfléchir à l’intelligence artificielle à partir d’un lit d’hôpital à Bali. Mais un gros accident de motocyclette, une clavicule cassée, douze côtes fracturées, un poumon perforé et sept heures passées sous le bistouri ont bien une vertu : ils vous immobilisent. Et quand on ne peut plus bouger, on observe.
Et ce que quiconque a déjà voyagé un peu observe vite, ici comme ailleurs, c’est que l’économie ne fonctionne pas partout selon les mêmes règles et les mêmes paramètres.
Une course de taxi de près de deux heures m’a récemment coûté environ 20 dollars canadiens. Pour un Québécois, c’est presque absurde. Pour l’Indonésie, c’est une réalité économique.
Le travail humain coûte ici beaucoup moins cher qu’au Canada. Or, ce simple fait change profondément la manière de penser à la façon dont va se déployer l’intelligence artificielle.
Chez nous, l’IA arrive dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, de salaires élevés, de services publics débordés et de productivité anémique. Elle promet d’automatiser, de réduire les délais, d’alléger l’administration, de compenser le manque de personnel. Quand le travail coûte cher, toute technologie qui permet d’en faire plus avec moins devient rapidement séduisante.
Dans un pays comme l’Indonésie, la logique est différente. Pourquoi remplacer massivement du travail humain par une technologie coûteuse quand ce travail demeure abondant et peu cher ? La question peut sembler froide, mais elle est essentielle. Elle rappelle que l’IA ne sera pas adoptée........
