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Leçons hongroises pour le nationalisme québécois

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27.04.2026

En Hongrie comme au Québec, beaucoup de gens estiment que leur culture nationale est incomprise, observe l’auteur. Quelles leçons pourraient tirer les nationalistes d’ici de la chute du premier ministre hongrois Viktor Orbán ?

Diplomate canadien à Budapest pendant quatre ans dans les années 1990, j’ai été captivé par les parallèles et les enseignements qu’offre l’histoire hongroise pour le Québec. Les évènements récents, qui ont vu le premier ministre Viktor Orbán devenir l’icône des populistes de la droite dure avant de subir un rejet massif de l’électorat le 12 avril, fournissent une occasion d’examiner ces enseignements.

Notons d’abord cette curieuse coïncidence qui situe en 1867 l’établissement de la double monarchie austro-hongroise et de la Confédération canadienne. Dans les deux cas, une nation dominante (l’Autriche, le Canada anglais) et une nation en état d’infériorité (la Hongrie, le Québec) trouvaient un compromis dans lequel la nation fragile acquérait une certaine autonomie.

Le parallèle est particulièrement intéressant quand on l’aborde sous l’angle des minorités. Alors que la nation hongroise de 1867 se sentait opprimée par l’Autriche, on l’accusait d’opprimer elle-même ses importantes minorités (Roumains, Juifs, Roms, Slovaques et autres). Ces dernières se tournaient vers le pouvoir central de Vienne, ravi de cette possibilité de retourner le stigmate de l’oppresseur contre la Hongrie. Un siècle plus tard, l’essor national du Québec sera perçu comme une menace par les minorités anglophones, autochtones et allophones, une crainte instrumentalisée par certains politiciens fédéralistes pour ébranler le récit indépendantiste.

La Hongrie allait connaître en 1920 un immense........

© La Presse