L’humanitaire est attaqué, le Canada doit choisir son camp
En cette période de désengagement général, l’auteur invite le Canada à faire de la protection de l’action humanitaire une priorité de sa politique étrangère
Chaque 19 août, la Journée mondiale de l’aide humanitaire rend hommage à celles et ceux qui interviennent au cœur des guerres, des catastrophes et des épidémies. Mais les hommages ne suffisent plus. Alors que les besoins explosent, le système humanitaire est sous-financé, débordé et de plus en plus directement attaqué.
Les travailleuses et travailleurs humanitaires ne sont plus seulement exposés aux risques inhérents à leur métier. Ils sont tués, blessés, enlevés, détenus ou criminalisés. L’Aid Worker Security Report 20251 recensait 383 humanitaires tués dans des évènements violents, principalement à Gaza, au Soudan et en République démocratique du Congo.
Derrière ces chiffres se trouvent des chauffeurs, des infirmières, des logisticiens, des médecins et des employés locaux qui ont choisi de rester auprès de populations abandonnées par le reste du monde.
Lorsqu’ils sont délibérément pris pour cible, ces humanitaires ne sont pas de simples victimes collatérales. Les attaques contre le personnel humanitaire et médical protégé peuvent constituer de graves violations du droit international humanitaire, voire des crimes de guerre et privent surtout des communautés entières d’aide humanitaire. Dans certains conflits, les humanitaires sont désormais considérés comme des témoins gênants et sont, à ce titre, directement pris pour cible.
Il faut donc le dire clairement : attaquer les humanitaires,........
