Le paradoxe référendaire, de Robert Bourassa à Danielle Smith
Eric Deguire retrace l’histoire des désirs d’autonomie au Canada, où certains ont choisi de s’engager dans un référendum et d’autres non.
La proposition de la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, de tenir un référendum qui pourrait ouvrir la porte vers un processus d’indépendance de sa province peut être vue comme un virage majeur dans l’histoire du Canada ou bien comme une doléance parmi d’autres entre une province et le gouvernement fédéral.
Vue du Québec, l’idée qu’une province quitte le Canada pour former son propre État ne devrait pas sembler étrangère. Il est certain que les motivations historiques, culturelles et linguistiques des indépendantistes albertains ne sont pas les mêmes. Il demeure toutefois que promouvoir l’indépendance d’une province en soulignant des désaccords fondamentaux et systémiques avec le gouvernement fédéral est une option qui devrait trouver un écho chez les souverainistes québécois.
Une critique récurrente du Canada cherche souvent à soulever les intérêts régionaux qui divergent énormément et le manque de symboles unificateurs ou de héros nationaux.
Qu’une province pourrait offrir de meilleures conditions économiques, politiques et sociales et une plus grande dignité à ses habitants est une proposition indépendantiste tout à fait légitime. Il faut ensuite convaincre une majorité de sa population d’y adhérer.
L’Alberta s’inscrit ainsi dans une certaine continuité. Ses divergences sont en grande partie idéologiques alors que son........
