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Les médecins font aussi partie du public

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18.08.2026

Le Dr Jean-Paul Brutus demande à tous, y compris les médecins eux-mêmes, de ne pas oublier de prendre soin de ceux qui soignent.

Depuis quelques semaines, je parle beaucoup de détresse psychologique chez les médecins1. Des collègues m’écrivent. Des journalistes m’interrogent. Des patients m’en parlent. Une question revient sans cesse : qui doit prendre soin de ceux qui soignent ?

La réponse la plus facile serait de dire que les médecins doivent apprendre à mieux prendre soin d’eux-mêmes. Dormir davantage. Travailler moins. Consulter plus tôt. Demander de l’aide. Tout cela est vrai, mais est aussi insuffisant.

On ne peut pas demander aux médecins de devenir toujours plus résilients sans se demander à quoi, exactement, nous leur demandons de résister.

Il faut connaître un peu la culture médicale pour comprendre pourquoi un médecin a tant de difficulté à demander de l’aide. Nous sommes formés à aider, beaucoup moins à être aidés. La médecine sélectionne des gens performants, exigeants envers eux-mêmes, capables de fonctionner sous pression, et notre formation nous apprend à continuer malgré la fatigue et l’incertitude. Ces réflexes sont utiles pour prendre soin des autres. Ils deviennent un piège lorsqu’il faut prendre soin de soi.

Il y a aussi la culpabilité. Pour un médecin, prendre une journée de congé, ce n’est pas simplement rester à la maison. C’est penser au patient qui attend un résultat, à la liste qui s’allonge, au collègue qui devra prendre le relais. En médecine, prendre soin de soi peut donner l’impression d’abandonner quelqu’un d’autre. Alors on continue.........

© La Presse