Les nouvelles victimes du régime américain
Les États-Unis n’en sont pas à leurs premières actions répréhensibles en politique étrangère. Ce qui est nouveau sous Donald Trump, explique Eric Deguire, c’est que les Canadiens n’occupent plus le siège confortable de l’observateur.
Bien avant l’arrivée de Donald Trump sur la scène politique américaine, les États-Unis, en tant qu’entité militaire, économique et culturelle, ont toujours cultivé certains paradoxes. Civilisation exceptionnelle pour beaucoup, le régime américain est aussi responsable d’injustices sur son territoire et partout sur le globe.
Ayant eu la chance de voyager en Amérique latine, dans le monde arabe et ailleurs, j’ai souvent été témoin d’un antiaméricanisme qui s’expliquait en raison de campagnes militaires ou de domination économique tout en constatant que les traits culturels du soft power des États-Unis se forgeaient encore une place dans le cœur et dans le quotidien des gens. Cela permet à un équilibre paradoxal de se maintenir. Cette tension est certainement caractérisée par un antiaméricanisme affirmé accompagné d’une admiration plus ou moins avouée.
Dans son essai Sortir de la grande nuit, l’historien et politologue camerounais Achille Mbembe décrit ce paradoxe lorsqu’il parle de son arrivée à New York : « [I]l y avait cette extraordinaire collusion des cultures qui, sans doute, faisait de cette ville la métropole par excellence de........
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