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Nos héros ont-ils déserté les patinoires ?

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18.03.2025

À l’occasion du 70e anniversaire d’un évènement marquant pour le Québec, l’historien Éric Bédard rappelle ce que représentait Maurice Richard pour les Canadiens français de son époque et qui s’est exprimé dans la violence ce soir-là.

Les Américains d’origine irlandaise, qui célèbrent ces jours-ci la Saint-Patrick, ont vénéré James Braddock durant la crise des années 1930 parce que ce champion de boxe vengeait sur le ring les injustices et les humiliations qu’ils subissaient tous les jours.

Durant les années 1950, les Canadiens français ont vibré aux performances de Maurice Richard parce qu’eux aussi se sentaient marginalisés dans leur pays. Le sport peut favoriser l’expression d’un nationalisme.

Le soir du 17 mars 1955, une foule se déchaîne aux alentours de l’ancien Forum, rue Sainte-Catherine. Avant le match tendu qui oppose le Canadien de Montréal aux Red Wings de Detroit, des manifestants brandissaient déjà des pancartes : « À bas Campbell ! » ; « Richard le persécuté » ; « Injustice au Canada français ».

À l’origine de cette émeute : la présence de Clarence Campbell dans les gradins, une provocation selon plusieurs. Le grand patron de la Ligue nationale de hockey avait décidé de suspendre le fougueux Maurice Richard pour le reste de la saison et les séries éliminatoires. Le 13 mars précédent, à Boston, le Rocket avait frappé un juge de ligne avec son bâton.

PHOTO ROGER ST-JEAN,........

© La Presse