La « fiction » de Mark Carney
L’historien Éric Bédard remet en question certaines affirmations du premier ministre lors de son discours à la Citadelle de Québec1.
Monsieur le premier ministre,
Votre discours de Davos, dont vous seriez l’auteur, était vraiment exceptionnel. Les références à Thucydide et à Vaclav Havel, votre analyse posée du chaos actuel, cette saine volonté de rompre avec la « fiction » d’un ordre international fondé sur le droit et le multilatéralisme montraient beaucoup d’élévation et tranchaient avec les discours de haine qui polarisent tant l’époque chaotique dans laquelle nous vivons. Il tranchait aussi beaucoup avec les discours creux et insipides de votre prédécesseur qui nous faisaient souvent honte à l’étranger.
Hélas, votre discours sur l’unité canadienne était beaucoup moins inspiré.
En présentant les plaines d’Abraham comme « le lieu où le Canada a commencé à faire le choix historique de privilégier l’adaptation plutôt que l’assimilation, le partenariat plutôt que la domination, la collaboration plutôt que la division », vous nous demandez de croire en une « fiction » qui enchante peut-être votre patriotisme, mais........
