« Plus rien ne fonctionne, mais la vie reprend lentement » : Ziad Medoukh, enseignant et poète gazaoui, témoigne des conditions de vie des Palestiniens depuis le cessez-le-feu
Ziad Medoukh, enseignant et poète gazaoui, revient sur les conditions de vie des Palestiniens alors que le cessez-le-feu est toujours en vigueur. Il évoque la prise de conscience de la nouvelle génération. En restant et en refusant de partir, ils disent non à la volonté de nettoyage ethnique de Trump et Netanyahou.
Le cessez-le-feu est entré en vigueur depuis un mois. La situation est toujours dramatique pour les 2 400 000 Palestiniens de Gaza qui se sentent souvent abandonnés et sont épuisés.
La trêve est fragile. Elle a été quotidiennement violée par l’occupation. Entre le 11 janvier et le 19 février, sans compter les bombardements, 11 Palestiniens ont été assassinés, à Rafah, dans le Sud, et à Gaza-Ville. Il n’y a malheureusement pas d’observateurs internationaux ni de médiateurs sur le terrain pour surveiller le respect des accords.
Cela provoque un sentiment d’incertitude : les gens ne savent pas comment se dérouleront les prochaines phases du cessez-le-feu ni ce qui se passera après. Ils attendent toujours l’arrivée de matériaux de construction pour réparer les maisons et les puits d’eau potable, pour rétablir les amenées d’électricité et de gaz, etc. À côté de cela, il y a un sentiment d’espoir.
« Il n’y a toujours pas d’eau potable, d’électricité ni de gaz. »
Ici, c’est notre terre, nous ne partirons pas. Le retour massif de 900 000 Palestiniens qui avaient été forcés de fuir vers le sud est une réponse claire aux déclarations de Trump qui veut vider Gaza et la transformer en Riviera. Personne ne croit à ces mensonges, les Palestiniens sont attachés à leurs terres et préfèrent s’installer ici, dans les décombres de leur quartier dévasté plutôt que d’être à nouveau........
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