Incendie de Crans-Montana : les premiers éléments de l’enquête enfin dévoilés
Reconstitution exacte du drame seconde par seconde, nouvelles personnes visées, propriétaires du bar soupçonnés de blanchiment d’argent… l’enquête sur l’incendie du bar suisse de Crans-Montana se poursuit.
Même pas 2 minutes. Quatre-vingt-douze secondes exactement, entre la première étincelle et l’embrasement général du bar Le Constellation de la station de ski suisse. C’est ce que révèle l’analyse des images de vidéosurveillance du terrible incendie qui a fait 41 morts et 115 blessés – principalement des adolescents et des jeunes adultes – dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, à Crans-Montana.
Certains blessés, gravement brûlés, sont toujours dans le coma. Versée à l’instruction, l’analyse a permis à la police cantonale suisse de reconstituer le déroulement du drame à la seconde près. Comme cela avait déjà été prouvé, l’enquête confirme que le feu a été provoqué par les étincelles de bougies scintillantes, qui ont enflammé une mousse d’insonorisation au plafond du sous-sol de l’établissement.
L’ambiance bat son comble ce soir-là. Il est 1 h 26 du matin. Cyane, une serveuse française, est portée sur les épaules d’un collègue, Mathieu. Elle a une bouteille dans chaque main. Au contact des étincelles avec la mousse, le départ du feu est fulgurant, sa propagation explosive. Cyane est morte sur le coup. Mathieu gravement blessé.
Neuf personnes visées par l’enquête
La longue enquête pour « incendie par négligence, homicide par négligence et lésions corporelles graves par négligence » n’en finit pas de faire couler de l’encre. Elle vise aujourd’hui neuf personnes, parmi lesquelles les propriétaires français du bar, Jacques et Jessica Moretti, mais aussi l’actuel responsable du service de sécurité de Crans-Montana ou encore le président de la commune, Nicolas Féraud, La commune a reconnu l’absence de contrôles incendie dans le bar depuis 2019, alors qu’ils doivent être effectués tous les ans, ce qui a conduit certains avocats des familles des victimes à réclamer que les autorités politiques soient aussi visées par la procédure.
Incendie de Crans-Montana : la commune reconnaît des « manquements » aux contrôles périodiques
L’un des avocats de victimes a précisé que la mise en cause d’autres personnes allaient être demandées « sur la base de nouveaux éléments ». Les époux Moretti, quant à eux, sont soupçonnés de blanchiment d’argent, selon un document de la police fédérale suisse versé à l’instruction à la fin du mois de février.
Des signalements portent sur des relations bancaires et des flux financiers susceptibles d’être liés à l’exploitation de bar et restaurants dans la station valaisanne qui « a pu, en partie, être utilisée à des fins de blanchiment d’argent de fonds d’origine criminelle », précise le document. Jacques Moretti, – « qui a des antécédents pénaux parfois graves » (enlèvements de personnes, proxénétisme, faux dans les titres), note le document – avait affirmé avoir acheté la mousse qui a pris feu le soir du Nouvel An dans un magasin de bricolage suisse.
Cependant, lors de la perquisition du logement des époux, les enquêteurs ont mis la main sur des montres de luxe et une arme à feu, mais aussi sur le ticket de caisse qui indique que la mousse avait été achetée chez un grossiste allemand. Jacques Moretti devra s’expliquer sur ce changement de version devant la justice suisse, mais aussi les avocats des victimes.
Le média que les milliardaires ne peuvent pas s’acheter
Nous ne sommes financés par aucun milliardaire. Et nous en sommes fiers ! Mais nous sommes confrontés à des défis financiers constants. Soutenez-nous ! Votre don sera défiscalisé : donner 5€ vous reviendra à 1.65€. Le prix d’un café.Je veux en savoir plus !
Lisez la suite de cet article
et débloquez tous les contenus
