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Claude Askolovitch : « Ce qui se joue dépasse Grasset, c’est un fascisme diffus »

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22.04.2026

L’écrivain et journaliste Claude Askolovitch dénonce avec force la mort délibérée, par un corrupteur féru de « vérités alternatives », d’une maison d’édition, ce lieu où les mots et les idées comptent encore. À ses yeux, la méthode de Vincent Bolloré a pour finalité la destruction du sens.

« Ce qui arrive dépasse l’édition. Grasset était une maison singulière, tenue par Olivier Nora, un grand éditeur, un amoureux des livres. Ce qui s’est passé, c’est une destruction. Il faut appeler les choses par leur nom : ce n’est pas seulement une crise de l’édition, c’est un symptôme politique.

Le fascisme qui monte aujourd’hui est celui de la bêtise, des mots tordus, de la veulerie des puissants. Il prospère sur la disparition d’un récit commun, éclaté par les réseaux sociaux et les bulles numériques. Tout devient manipulable.

Quand Bolloré se dit démocrate-chrétien, c’est une farce. Il ne l’est pas. Il est brutal, capi-tradi. Et dans un monde où les mots sont vidés de leur sens, s’attaquer à une maison d’édition – c’est-à-dire à un lieu où les mots comptent encore – devient presque logique. Grasset n’a jamais été une........

© L'Humanité