France Télévisions se plie aux demandes de l’extrême droite en publiant ses budgets et salaires
« Transparence », voilà le nom donné à une nouvelle page du site de France Télévisions qui, comme son nom l’indique, va mettre en lumière certaines informations du groupe. Financements, fournisseurs de programmes, salaires : l’acharnement de l’extrême droite lors de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public aura fait céder l’entreprise.
France Télévisions cède aux attaques de l’extrême droite. Depuis le début de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, les députés de droite et le rapporteur ciottiste, Charles Alloncle, tannent le groupe pour qu’il dévoile l’ensemble de ses budgets, sa gestion des ressources et le niveau de rémunérations des employés. France Télévisions répond aux critiques en publiant sur son site une nouvelle page intitulée « Transparence ». Une façon de répondre publiquement aux accusations de Charles Alloncle, alors que les budgets de France Télévision sont votés, et donc connus, par la représentation nationale.
« Financé par l’ensemble de nos citoyens, le groupe France Télévisions se doit d’être un média public exemplaire pour consolider son lien de confiance avec tous les Français », explique Delphine Ernotte Cunci dans un communiqué publié le 17 mars. La présidente de l’entreprise met à disposition du public un grand nombre d’informations sur l’usage de ses ressources. Cette démarche est inspirée des pratiques de ses homologues, notamment de la BBC ou des pays du nord de l’Europe.
Un salaire contractuel moyen de 61 000 euros
Être transparent à l’égard des Français est important. Cependant, répondre à ceux qui veulent mettre fin à la télévision publique – par son contrôle, sa privatisation ou en chassant les voix de gauche, est plus problématique. Quoi qu’il en soit, Delphine Ernotte Cunci s’exécute et dévoile d’emblée son salaire qu’attendait avec impatience Charles Alloncle. Le rapporteur veut des exemples précis ? Il en aura.
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La présidente touche 322 000 euros annuels brut de part fixe et jusqu’à 78 000 euros annuels brut de part variable. Du côté des salariés, leur salaire contractuel moyen s’élève à 61 000 euros annuels brut et le salaire médian s’élève à 57 000 euros annuels brut. Ce niveau de rémunération est encadré par l’accord collectif de 2013, dénoncé en juillet 2025 par la direction. Cette dénonciation avait engendré une bataille judiciaire.
France Télévisions précise que ces niveaux de rémunération tiennent compte de l’âge moyen des salariés (aux alentours de 50 ans), de leur niveau d’ancienneté (20,6 ans en moyenne) et des fonctions exercées dans le groupe. Comme demandé lors de la commission d’enquête, l’entreprise précise aussi le nombre de salariés. Le groupe audiovisuel public en compte 8 720, dont 35 % de journalistes, soit près de 1 000 de moins qu’en 2015. Car, pour rappel, la direction de France Télévisions a drastiquement coupé dans ses effectifs : 12 % en dix ans.
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Une page du site, titrée « nos réponses à vos questions », informe sur les frais de taxi, de réception et encore de représentation des dirigeants. Est-ce que le groupe dépense 126 000 euros par jour pour des frais de cocktails, et a écoulé 1,5 million d’euros en 2020, en pleine année du Covid ? France Télévisions considère que ces affirmations des députés sont « mensongères », chiffres à l’appui.
Les retours du rapporteur et du président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), ne sont pas pour tout de suite. Les auditions de ceux qui régulent et construisent l’audiovisuel public reprendront après le second tour des élections municipales.
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