VSS : « en un an, le sentiment de menace est en hausse de 22 % », alerte la Fondation des femmes
Lors de son deuxième baromètre annuel, la Fondation des femmes relève les inquiétudes renforcées de la population sur la régression des droits des femmes et les discours réactionnaires. 81 % plébiscitent le vote d’une loi-cadre contre les violences faites aux femmes.
Nécessaire, essentiel ou vital. À 66 %, les Françaises et Français reconnaissent la valeur positive du féminisme. C’est l’un des constats encourageants du second baromètre de la Fondation des Femmes publié ce 3 mars.
Pour autant, en 2026, la population s’inquiète sur le devenir des droits des femmes. « En un an, le sentiment de menace est en hausse de 22 % par rapport à l’an dernier », alerte Anne-Cécile Mailfert, la présidente de l’association. Ils sont 32 % au total à ressentir une situation dégradée. Pour un quart, les droits des femmes sont aujourd’hui remis en cause. 31 % sont préoccupés par l’influence des discours masculinistes sur les réseaux sociaux. 44 % des Français affirment que les mouvements conservateurs et d’extrême droite sont incompatibles avec les droits des femmes.
« Il y a une vraie crise institutionnelle, la confiance envers l’État se dégrade, alors que les associations sont plébiscitées », remarque Anne-Cécile Mailfert. Les chiffres sont cinglants : 43 % n’ont pas confiance en la police (soit une augmentation de 9 % en un an), 51 % se méfient de la justice, 64 % critiquent le gouvernement en matière de violences faites aux femmes.
« Il ne se passe plus rien au niveau gouvernemental »
Les associations d’aide aux victimes à l’inverse sont reconnues positivement à 86 %. « Nous avons l’impression qu’il ne se passe plus rien au niveau gouvernemental sur la lutte contre ces violences, confirme la présidente de la Fondation. Nous en sommes même plus reçues en tant qu’association féministe en amont du 8 mars, comme auparavant. »
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Pourtant, lorsqu’on interroge les Français sur la cause prioritaire à soutenir, incluant le dérèglement climatique, la précarité, la première bataille à mener se situe dans la protection de l’enfance, suivie par la protection des femmes.
Rien d’étonnant alors, que 81 % des sondés soient en faveur d’une loi intégrale contre les violences sexuelles qui prenne en compte les manquements en matière de prévention, de justice, et d’accompagnement des victimes.
Revendiquer une loi-cadre
Or, la proposition portée par 153 associations spécialisées dans la prévention, l’accompagnement et la protection des femmes et enfants victimes de violences, mais aussi par 113 parlementaires et déposée le 25 novembre, n’est toujours pas inscrite à l’agenda parlementaire. Et la ministre Aurore Bergé a évoqué une proposition concurrente qui ne fait pas non plus parti de l’ordre du jour des parlementaires.
Prête pour les manifestations du 8 mars, qui devrait porter haut et fort cette revendication de loi-cadre, la Fondation des femmes n’en oublie de rappeler son âge : ce 4 mars 2026, elle aura dix ans.
Un anniversaire qui se fêtera tout au long du mois grâce à un clip, un livre Inarrêtables ! (Les petits matins) et la naissance d’une plateforme de collecte de fonds. Et d’autres événements suivront en avril, pour rappeler que l’association a alloué 20 millions d’euros à des associations, s’impliquant dans 4 500 projets, et touchant directement 600 000 femmes. Un joli bilan d’étape.
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