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Institut du monde arabe : Anne-Claire Legendre, une proche d’Emmanuel Macron, succède à Jack Lang rattrapé par les « Epstein files »

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17.02.2026

Anne-Claire Legendre, diplomate proche conseillère d’Emmanuel Macron, a été proposée mardi 17 février aux membres du conseil d’administration de l’Institut du monde arabe (IMA) réunis à Paris pour remplacer Jack Lang rattrapé par les « Epstein files » et une enquête du PNF. Elle a été « élue à l’unanimité présidente » dans la matinée.

Emmanuel Macron n’en finit plus de recaser ses proches. Après Richard Ferrand au Conseil constitutionnel et plus récemment Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, c’est Anne-Claire Legendre qui prend la tête d’une prestigieuse institution, cette fois dans le domaine culturel. Cette diplomate proche conseillère du président de la République a été proposée mardi 17 février aux membres du conseil d’administration de l’Institut du monde arabe (IMA) réunis à Paris pour remplacer Jack Lang.

L’ancien ministre de la culture en poste depuis 13 ans, après s’y être un temps accroché, a finalement quitté la présidence de l’IMA le 7 février. Son nom apparaissant à plus de 600 reprises dans les Epstein files et les documents mentionnant une société offshore et d’autres arrangements divers avec le financier pédocriminel, une enquête pour blanchiment de fraude fiscale aggravée a été ouverte sur son compte ainsi que celui de sa fille, Caroline Lang. Alors que l’intéressé bouclait ses cartons lundi, des perquisitions ont été menées dans ce cadre à l’Institut du monde arabe et dans « divers lieux », a fait savoir le Parquet national Financier.

La candidature de sa remplaçante a été entérinée « à l’unanimité » lors de la réunion exceptionnelle ce mardi matin du conseil d’administration de l’IMA, où siègent 7 représentants de pays arabes, selon un communiqué de l’Institut.

Une feuille de route déjà arrêtée par le quai d’Orsay et l’Élysée

« Madame Anne-Claire Legendre dispose de l’expérience, des qualités et de la vision stratégique nécessaires pour assumer ces responsabilités éminentes », a vanté Jean-Noël Barrot dans le communiqué posté sur X pour annoncer sa presque nomination, soulignant – comme la Macronie s’était empressée de le faire pour la désignation contestée d’Amélie de Montchalin à la tête des « sages » de la rue Cambon – que « si elle est élue, elle deviendra la première femme à présider le Conseil d’administration de l’IMA ». C’est chose faite.

Les missions que le Quai d’Orsay et l’Élysée entendent confier à celle qui était jusque-là conseillère Afrique du nord et Moyen-Orient à la cellule diplomatique du Palais, après avoir été porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, sont déjà ficelées. « À l’approche du 40e anniversaire de l’institution, la nouvelle présidence aura pour feuille de route la mise en œuvre d’une réforme ambitieuse et structurante », explique Jean-Noël Barrot dans son communiqué.

Affaire Epstein : Jack Lang démissionne « volontairement » de l’Institut du monde arabe, mais réfute toute accusation

« L’État souhaite que la nouvelle présidence étudie l’ensemble des modalités d’action permettant de faire rayonner l’IMA au-delà de ses murs et de réaffirmer son rôle au service de notre diplomatie culturelle et d’un dialogue renouvelé avec les sociétés arabes contemporaines », a-t-il ajouté. En clair, faire de l’institut un outil de soft power « plus efficace », tout en respectant « une trajectoire financière soutenable », austérité budgétaire oblige. Avec à la clé, la décision « de diligenter immédiatement une mission d’inspection afin de procéder à un audit de la gestion financière de l’IMA et de ses enjeux de ressources humaines ».

Pour rassurer après le cas Jack Lang, le ministre prend aussi les devants et annonce diverses réformes « à brève échéance », comme « une modification des statuts visant à fixer à 64 ans l’âge limite du Président lors de sa désignation, à limiter le nombre de mandats successifs complets, à créer un comité chargé de la déontologie et des rémunérations, ainsi qu’à renforcer les règles de prévention des conflits d’intérêts et d’atteinte à la probité ».

Il prévoit ainsi notamment l’instauration d’une déclaration d’intérêts et de règles strictes en matière d’acceptation de cadeaux et d’avantages. Des règles dont ne semblent pas s’encombrer au gouvernement un certain nombre de ses collègues, à l’instar de Rachida Dati toujours à la Culture malgré son procès en septembre prochain pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire Carlos Ghosn.

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