Les États-Unis signent un nouvel accord de déportation de migrants avec la RDC
Après le Costa Rica et le Cameroun, Washington expulsera des personnes non originaires de la RDC vers ce pays pour une durée non determinée.
Le détail n’est pas anodin : c’est le ministère congolais de la Communication et des Médias, et non celui de l’Intérieur ou des Affaires étrangères, qui a annoncé la mise en œuvre d’un accord entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis pour que des migrants expulsés – ou plutôt déportés – par Washington soient accueillis à Kinshasa.
Car le communiqué publié ce 5 avril relève bien de la volonté de justifier l’injustifiable : selon le texte, la mesure est « encadrée et non permanente », et il ne s’agit pas « d’une externalisation de la politique migratoire » états-unienne, ni « d’un mécanisme d’installation massive » en RDC, mais d’un « dispositif ponctuel, encadré et conforme aux lois de la République ».
En RDC, un accord qui ne passe pas
Le communiqué insiste également sur le fait que « la prise en charge logistique et technique sera assurée par la partie américaine », et qu’« aucune dépense ne sera supportée par le Trésor public ». Enfin, le gouvernement a voulu appuyer sur le fait que « cette démarche s’inscrit dans le respect de la souveraineté nationale et des engagements internationaux du pays ».
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Au total, beaucoup d’arguties pour tenter de couper court au mécontentement dans un pays déjà en proie à de sanglants conflits, notamment dans l’est, et qui compte près de 6 millions de déplacés internes. C’est peu dire que cet accord ne passe pas, d’autant qu’il a été négocié dans la plus grande opacité, ni la population ni même les parlementaires n’ayant été informés ou appelés à débattre du sujet. Et nul ne sait combien de personnes seraient concernées par ces exils forcés qu’il faut bien nommer par leur nom : des déportations.
L’administration Trump use de toutes les méthodes pour arriver à ses fins
Il s’agit du troisième accord de la sorte annoncé en quelques jours, après celui signé le 23 mars avec le Costa Rica et l’autre, tenu secret jusqu’à sa révélation par le New York Times, le 25 mars, avec le Cameroun de Paul Biya, effectif depuis début janvier, avec un premier vol le 12 janvier entre la Louisiane et Yaoundé. Dix-sept personnes ont déjà été envoyées dans la capitale camerounaise, aucune n’étant originaire du pays. Quant au pays d’Amérique centrale, il s’est engagé à recevoir 25 migrants par semaine, sans précision, là encore, sur leur origine ou leur durée de résidence.
L’administration Trump use de toutes les méthodes pour parvenir à ses fins : tantôt la coercition, avec la menace financière envers le Cameroun de ne pas procéder à un paiement de 30 millions de dollars pourtant destiné au Haut-Commissariat aux réfugiés du pays, tantôt par la négociation plus globale, comme avec la RDC. Kinshasa a en effet misé sur les États-Unis pour assurer une stabilité du régime et le règlement des conflits dans l’est du pays, en échange d’un accès aux ressources minières et donc de l’accueil de migrants.
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Il ne fait aucun doute que ce « deal » de la honte s’inscrit dans le cadre plus large de l’accord de Washington signé avec le Rwanda le 4 décembre 2025, sous l’égide des États-Unis, qui prévoit notamment le règlement du conflit dans l’est de la RDC, pour que toutes les parties puissent assurer l’accès et la distribution des ressources minières, notamment les fameuses terres rares dont regorge la région et qui constituent l’objectif principal de l’implication de l’administration Trump.
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