Une sublime expérience sensorielle aux allures de rêve éveillé
Au cinéma, qu’est-ce qui vous retient d’abord dans votre siège? L’ivresse d’un scénario qui vous guide fermement, scène après scène, ou plutôt l’alchimie formelle caractérisée par une direction photo inspirée et un travail sonore minutieux qui transforme chaque plan en une expérience sensorielle sublime? Avec Ailleurs la nuit, la réalisatrice Marianne Métivier semble avoir choisi son camp en privilégiant la forme au détriment du fond et elle assume pleinement ce pari risqué.
Autrefois intitulé Une splendeur de vivre, ce premier long métrage, décrit par la cinéaste comme un « rêve éveillé », s’attarde en effet davantage aux ambiances qu’à la progression narrative. Le récit flottant quasiment inexistant se déploie à la manière d’une chronique impressionniste où le spectateur n’est pas convié à suivre une intrigue, mais plutôt à habiter un état avec introspection grâce à un travail exemplaire sur le son (Ilyaa Ghafouri) et l’image (Ariel Méthot Bellemare).
Ce film choral sensoriel et onirique suit plusieurs âmes esseulées en errance dont le point d’ancrage demeure........
