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Réduire la durée des études supérieures, une petite musique qui monte à droite

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02.09.2026

« Interrompre ses études à bac  3 n’est pas un échec. » Ces paroles ne sont pas celles d’un conseiller d’orientation tentant de consoler un étudiant recalé à l’entrée en master : elles sont tirées du très officiel programme de Renaissance paru à l’été 2025, intitulé « Pour une nouvelle donne économique et climatique ».

Pour le parti présidentiel, en effet, le constat est clair : il faut « réduire la durée de formation initiale », jugée plus longue en France qu’ailleurs, et favoriser une insertion professionnelle plus précoce sur un marché du travail « exigeant agilité et expérience ». En compensation, il conviendrait d’« inciter les entreprises à recruter à bac  3 avec des salaires attractifs » et d’encourager le retour en formation après une première expérience professionnelle.

Un balancement qui disparaît dans les premières propositions avancées par Gabriel Attal, candidat déclaré du parti à la présidentielle 2027 :

« Le taux d’emploi des jeunes Français est 15 % inférieur à celui des jeunes Allemands (34,5 % contre 50 %). L’entrée définitive sur le marché du travail intervient en moyenne à 22 ou 23 ans en France, contre 20-21 ans en Allemagne et au Royaume-Uni (OCDE, Education at a glance, 2024). Pour résorber cet écart, je propose de démassifier l’enseignement supérieur, de valoriser les métiers manuels, techniques et industriels et de réduire la durée initiale des études », écrit-il dans le volet « Travail et salaires » de son programme.

Malthusianisme éducatif

Moins, c’est mieux : voilà donc, semble-t-il, le nouveau mot d’ordre d’une partie de la droite en matière de formation de la jeunesse. Car Gabriel Attal n’est pas seul à fredonner cette mélodie : interrogé le 21 août par France Inter sur l’avenir du système de retraite, le député Rassemblement national (RN) Franck Allisio estimait également « qu’aujourd’hui, deux ou trois années de formation après le baccalauréat, c’est largement suffisant pour avoir de bons métiers d’avenir qui peuvent tout de suite permettre de vivre et de cotiser ».

« Vous savez, aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle, on a bien compris qu’au bout de cursus de cinq-six-sept ans, vous n’avez qu’un diplôme qui correspond à un bac  1. Parce que vous vous êtes perdus, que vous avez été mal orienté », complétait-il.

« Vous savez, aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle, on a bien compris qu’au bout de cursus de cinq-six-sept ans, vous n’avez qu’un diplôme qui correspond à un bac  1. Parce que vous vous êtes perdus, que vous avez été mal orienté », complétait-il.

Et ce matin encore, Bruno Retailleau déclarait sur RTL préférer « un jeune avec un CAP ou un bac pro et un emploi à la clé, plutôt qu’un master avec Pôle emploi à la fin », proposant, dans la foulée, l’apprentissage dès 14 ans.

Des propos faciles, dont on retrouve pourtant la teneur dans de très sérieuses tribunes, du sociologue Julien Damon notamment ou encore du professeur à CY Cergy Paris Université François Germinet et du cofondateur du cabinet Paxter, Pierre Tapie . Toutes opinions qui prennent à rebours plus de soixante ans d’expansion scolaire et d’objectifs éducatifs ambitieux (tel que le « 60 % d’une classe d’âge diplômée de l’enseignement supérieur » fixé en 2015). Après la mise en place de la sélection pour certaines licences et en master, au sein d’universités étranglées financièrement, une nouvelle étape de malthusianisme éducatif serait-il en gestation ?

« Pour une nouvelle donne économique et climatique », Renaissance.

« Pour une nouvelle donne économique et climatique », Renaissance.

« Réduire l’enseignement supérieur », Julien Damon, Les Echos, 15 septembre 2025.

« Réduire l’enseignement supérieur », Julien Damon, Les Echos, 15 septembre 2025.

« “Des jeunes orientés vers des filières où ils échoueront ou........

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