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Malgré le retour du chômage, quelques éclaircies dans le ciel gris de l’emploi

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09.03.2026

Depuis un an, le chômage est orienté à la hausse. Mais le marché du travail bénéficie pour le moment de plusieurs effets positifs liés au dynamisme économique qui a précédé et suivi la pandémie de Covid-19.

Remontée du chômage, fermetures d’usines, intensification du travail, accidents mortels… les nouvelles venant du monde de l’emploi sont rarement réjouissantes. Mais si le tableau général est souvent sombre, plusieurs tendances positives se sont solidement imposées ces dix dernières années.

Cette fois, plus de doute, le chômage est de retour. Les derniers chiffres publiés par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) indiquent qu’il s’élevait, au dernier trimestre 2025, à 7,9 %, contre 7,1 % début 2022. Ajoutez à cette information les fermetures d’usines qui se poursuivent, l’intensification du travail, les accidents mortels trop nombreux qui y persistent, et vous obtenez un tableau de l’emploi relativement sombre.

Pourtant, dans ce ciel chargé, quelques éclaircies font de la résistance. Certes, le chômage est orienté à la hausse depuis plusieurs trimestres, mais si on dézoome, la situation reste confortable eu égard à un passé pas si lointain.

A la faveur d’une croissance économique correcte, permise notamment par la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne, la France a réussi, comme tous les autres pays européens, à faire reculer son taux de chômage, qui était encore à 10,5 % mi-2015.

Le taux de chômage approche les 8 %

Lecture : Au quatrième trimestre 2025, le taux de chômage en France (hors Mayotte) atteint 7,9 %. 

Dans son sillage, plusieurs indicateurs sont passés au vert. Ainsi, le phénomène du temps partiel subi (qui correspond aux personnes en emploi à temps partiel qui disent vouloir exercer à temps plein) a fortement baissé en France. En Europe, seule la Grèce a connu un repli plus sensible.

Le temps partiel subi recule

Est considéré comme subi tout emploi pour lequel la personne qui l’occupe déclare qu’elle aimerait l’exercer à temps plein. Entre 2019 et 2024, la part des emplois partiels subis en France a reculé de 15,3 points.

Ce n’est pas tout. Ces dix dernières années, 2,3 millions d’emplois ont été créés en France. Bien sûr, certains de ces emplois sont des autoentrepreneurs, un statut généralement très précaire. Et de nombreux jobs ne permettent pas de boucler les fins de mois. Mais plusieurs signaux sont, là aussi, encourageants : la part des emplois en CDI a atteint des sommets, et le nombre d’heures effectuées par emploi n’a pas baissé.

Le CDI loin de disparaître

On ne distingue donc pas de dégradation nette de la qualité de l’emploi. Un élément peu surprenant compte tenu des difficultés de recrutement déclarées par les patrons.

Autre élément positif : cette amélioration au sein du monde de l’emploi ne s’est pas faite au prix d’un découragement généralisé de ceux qui en sont exclus, et donc de leur retrait. Le taux d’activité, qui rapporte le nombre de personnes de 15 à 64 ans occupant un emploi ou en cherchant un à la population de cet âge, a ainsi atteint son record fin 2025 (75,4 %).

Les personnes aux portes de l’emploi ne se sont pas retirées

Certes, les réformes des retraites, qui ont obligé les seniors à travailler plus longtemps, et le développement de l’apprentissage, qui a boosté l’emploi des jeunes, n’y sont pas pour rien. Mais même sur le cœur de l’emploi (25-49 ans), la France affiche une légère amélioration (+ 0,7 point en dix ans).

Bref, en France comme ailleurs en Europe, l’activité économique plutôt dynamique a constitué un puissant facteur d’amélioration sur le marché de l’emploi.


© Alternatives Économiques