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Lâchées par l’Etat, les universités filent vers le déficit généralisé

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27.01.2026

Presque toutes les universités devraient présenter un budget déficitaire pour 2026. Si le ministre de l’Enseignement supérieur a annoncé des « assises sur leur financement », il n’a pas évoqué de moyens supplémentaires.

« Il y a de fortes probabilités que la quasi-totalité des universités soient déficitaires pour cette année », prédit Hélène Boulanger. Et elle sait de quoi elle parle : à la tête de l’université de Lorraine, elle est également vice-présidente de l’association France universités, qui fait entendre la voix des présidentes et présidents de ces établissements.

« Peut-être quelques-unes arriveront-elles à présenter un budget à l’équilibre, mais elles se compteront au mieux sur les doigts d’une main », ajoute-t-elle. 

Son pessimisme rejoint celui des… 

« Il y a de fortes probabilités que la quasi-totalité des universités soient déficitaires pour cette année », prédit Hélène Boulanger. Et elle sait de quoi elle parle : à la tête de l’université de Lorraine, elle est également vice-présidente de l’association France universités, qui fait entendre la voix des présidentes et présidents de ces établissements.

« Peut-être quelques-unes arriveront-elles à présenter un budget à l’équilibre, mais elles se compteront au mieux sur les doigts d’une main », ajoute-t-elle. 

Son pessimisme rejoint celui des organisations syndicales, qui estiment que près de 80 % des établissements présenteraient un budget déficitaire pour l’année 2026. L’université de Lille a d’ores et déjà annoncé en décembre un déficit prévisionnel « jamais atteint » de 44,5 millions d’euros, explique son président Régis Bordet :

« Nous payons la crise énergétique de 2022 mais également un sous-financement de l’Etat qui ne compense pas les mesures sociales qu’il a pourtant décidées. »

Le dégel du point d’indice, la contribution au dispositif d’équilibrage des retraites des fonctionnaires (CAS pension), le glissement vieillesse technicité (GVT, autrement dit l’augmentation des rémunérations liée à l’ancienneté) ou encore la mise en place de la protection sociale complémentaire sont autant de mesures salariales bienvenues, décidées par le gouvernement… qui refuse pourtant de les financer. Pour l’université de Lille, cela représenterait près de 30 millions d’euros, souligne Régis Bordet.

« En droit, il existe un principe pourtant simple de décideur payeur : autrement dit, celui qui décide d’une mesure doit la financer. Mais pour l’enseignement supérieur et la recherche, ce principe n’est pas appliqué, et les charges retombent sur les universités », dénonce Suzanne Nijdam, présidente de la Fédération des associations générales........

© Alternatives Économiques