BYD prend à Tesla la place de leader mondial de la voiture électrique, et 3 autres infographies à ne pas rater
Le graphorama, c'est quatre infographies sélectionnées chaque semaine par la rédaction pour regarder l'actualité autrement.
Chaque semaine, Alternatives Economiques sélectionne pour vous quatre graphiques qui éclairent différemment l’actualité.
Au menu de ce nouveau graphorama : Tesla n’est plus le plus gros vendeur de voitures électriques au monde ; la facture énergétique de l’industrie française a augmenté de 50 % entre 2019 et 2024 ; la surtaxe sur les résidences secondaires a été appliquée par plus de 1 400 communes en 2024, contre 308 en 2023 ; depuis trois ans, les recettes de TVA sont inférieures de plusieurs milliards d’euros aux prévisions de Bercy...
Chaque semaine, Alternatives Economiques sélectionne pour vous quatre graphiques qui éclairent différemment l’actualité.
Au menu de ce nouveau graphorama : Tesla n’est plus le plus gros vendeur de voitures électriques au monde ; la facture énergétique de l’industrie française a augmenté de 50 % entre 2019 et 2024 ; la surtaxe sur les résidences secondaires a été appliquée par plus de 1 400 communes en 2024, contre 308 en 2023 ; depuis trois ans, les recettes de TVA sont inférieures de plusieurs milliards d’euros aux prévisions de Bercy.
1/ BYD prend à Tesla la place de leader mondial de la voiture électrique
Le chinois BYD a vendu plus de voitures électriques que Tesla en 2025
Alors que les ventes de Tesla commencent à dégringoler, celles du champion chinois BYD ne cessent de progresser. A l’image de la Chine qui domine l’industrie de la voiture électrique, le géant originaire de Shenzhen, qui est le premier vendeur de voitures dans son pays d’origine – avec 15 % de parts de marché – est aussi devenu numéro un mondial de l’électrique. Avec plus de 2 millions d’immatriculations de voitures électriques dans le monde, BYD a donc dépassé Tesla en 2025. La performance du constructeur chinois est en partie liée à des ventes en forte hausse en Europe (184 000 immatriculations).
Ce changement de hiérarchie est aussi dû à la chute de Tesla. Pour la deuxième année consécutive, ses ventes ont reculé (– 8,6 % en 2025). Alors que jusqu’en 2023, ses commandes ne faisaient que grimper, la machine est grippée depuis deux ans. En cause, un non-renouvellement des modèles dans une gamme qui en compte déjà très peu, voire une désaffection des acheteurs motivée par les dérapages d’Elon Musk et sa collaboration avec Donald Trump. La chute du constructeur américain pourrait se poursuivre, car il arrête la production de deux de ses principaux modèles et a repoussé à 2030 l’arrivée de son futur SUV.
2/ L’industrie tricolore consomme moins d’énergie, mais sa facture reste salée
La facture énergétique des industriels français a augmenté de 50 % entre 2019 et 2024
Champ : établissements industriels de 20 salariés ou plus, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial
Après avoir plus que doublé entre 2020 et 2023, la facture énergétique de l’industrie française (hors matières premières) a baissé de 24 % en 2024, selon une étude publiée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Une bonne nouvelle toute relative car la valeur des achats d’électricité, de pétrole, de gaz et autres combustibles par les industriels tricolores en 2024 reste 1,5 fois supérieure à celle de 2019, alors que leur consommation a diminué de 16 % entre ces deux années.
Cette baisse de la consommation d’énergie est plus marquée pour les produits pétroliers (– 30 % entre 2019 et 2024) que pour l’électricité (– 9 %) et le gaz (– 15 %). Mais elle reste insuffisante pour faire baisser la facture énergétique car, dans le même temps, les prix de ces énergies ont explosé : + 103 % pour le gaz, + 64 % pour l’électricité et + 38 % pour le pétrole entre 2019 et 2024. Les baisses de prix intervenues en 2024 pour ces produits énergétiques (– 23 % en moyenne par rapport à 2023) sont loin d’effacer ces hausses.
L’Insee rappelle qu’en 2021, « la reprise économique post-Covid avait entraîné une forte augmentation de la demande mondiale d’énergie, qui, combinée à une offre limitée, avait engendré une hausse brutale de la facture énergétique industrielle (+ 40 %) ». Et d’ajouter que l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 a « prolongé et amplifié cette hausse (+ 52 %) ».
L’institut note par ailleurs que la baisse des prix de l’énergie en 2024 a moins profité aux petits consommateurs industriels qu’aux gros, car ces derniers « privilégient davantage les contrats à prix de marché ». Leur facture a donc suivi la baisse des coûts alors que celle des petits consommateurs est plus dépendante de contrats de long terme, dont certains ont été signés quand les prix étaient plus élevés.
3/ Les résidences secondaires sont de plus en plus (sur)taxées
L’envolée des taxes sur les résidences secondaires
Un appartement pour garder un pied-à-terre à Paris, une villa sur la Côte d’Azur, un studio à la montagne… La France comptait, début 2025, 3,8 millions de résidences secondaires, soit environ 10 % du parc total. Un ratio qui peut s’envoler dans certaines régions touristiques, à l’image des 81,1 % de résidences secondaires dans la communauté de communes des Pyrénées catalanes, qui abrite notamment la station de ski de Font-Romeu.
Pour limiter cet engouement qui, dans ces territoires, empêche certains ménages d’y vivre à l’année, les élus locaux ont une arme fiscale : la taxe d’habitation sur les résidences secondaires (THRS), qui a survécu, en 2023, à la suppression de la taxe d’habitation pour les résidences principales. Son niveau de base est établi chaque année par l’administration fiscale, puis les communes et les intercommunalités à fiscalité propre peuvent jouer à la marge sur ce niveau. Surtout, depuis 2014, les communes et intercos situées en zone tendue peuvent y ajouter une surtaxe allant de 5 à 60 %.
Sur les près de 3 700 communes qui, début 2024, avaient cette possibilité, 1 461 s’en étaient saisies, indique un rapport de la Cour des comptes sur les finances des collectivités locales. De quoi apporter 436 millions d’euros, au total, aux communes concernées. L’Ile-de-France (124 millions) et Provence-Alpes-Côte-d’Azur (107 millions) concentrent plus de la moitié de ces recettes. A elle seule, la ville de Paris qui, comme beaucoup de communes, a opté pour le taux maximal de surtaxe, en a retiré 95 millions d’euros.
4/ Bercy n’arrive plus à prévoir les recettes de TVA
Depuis 2023, Bercy surestime les recettes de TVA de 8,5 milliards par an en moyenne
L’écart est calculé à partir de la prévision intégrée au projet de loi de finances (PLF) et de la dernière estimation des recettes constatées publiée par l’Insee. Pour 2023 et 2024, les calculs intègrent des corrections qui ne sont pas encore publiées dans les comptes nationaux.
Où est passée la TVA ? Trois années de suite, les recettes de la taxe sur la valeur ajoutée se sont révélées inférieures aux prévisions du ministère de l’Economie. L’Inspection générale des finances (IGF) s’est donc penchée sur la question. Car les mauvaises prévisions de Bercy mènent depuis 2023 à surestimer les ressources à venir de l’Etat lors de l’élaboration du budget, et in fine à aggraver le déficit public. En 2025, l’écart entre la prévision intégrée au budget et les recettes constatées était ainsi de 6,2 milliards d’euros.
Première raison de ces mauvaises estimations : un modèle de prévision mal calibré, qui « repose sur une architecture ancienne » et « n’a pas été conçu comme un outil de prévision », nous apprend le rapport de l’IGF. Ce modèle n’a notamment pas réussi à prévoir l’évolution de la composition de la demande : la consommation de biens soumis aux taux réduits de TVA a augmenté, alors que celle des produits taxés au taux normal a diminué. L’IGF pointe aussi des hypothèses macroéconomiques « globalement trop optimistes depuis 2022 », qui ont biaisé les prévisions.
Les experts recommandent à Bercy d’utiliser des indicateurs publiés plus fréquemment pour ajuster leur modèle. L’IGF préconise aussi d’augmenter le contrôle des fraudes à la TVA sur les petits colis importés – qui auraient représenté un manque à gagner pour les finances publiques d’un milliard d’euros en 2024 – et le contrôle des fraudes au régime de franchise en base de TVA, qui exonère certaines entreprises de cet impôt.
Juliette Le Chevallier
