TotalEnergies et les superprofits : trois questions sur leur taxation
La reprise des hostilités au Moyen-Orient a rappelé que la crise énergétique n’est pas finie. Le prix des carburants est repassé au-dessus du seuil symbolique des deux euros le litre depuis mi-juillet.
Mais cette guerre ne fait pas que des perdants : TotalEnergies a annoncé le 23 juillet un bénéfice de 11 milliards de dollars sur le premier semestre, en hausse de plus de 70 % sur un an. L’apparition de ces superprofits est en effet quasi-mécanique. Avec le blocage du détroit d’Ormuz, la demande d’or noir est supérieure à l’offre et fait grimper le prix.
Les coûts de production des majors, eux, évoluent peu, donc forcément, les bénéfices s’envolent. De quoi relancer le débat sur une taxation des superprofits pétroliers et gaziers. Trois questions pour en comprendre les enjeux.
1/ Où sont réalisés ces profits ?
C’est souvent l’un des premiers contre-arguments soulevés : « Ces bénéfices sont réalisés à l’étranger. » Dans l’industrie pétrolière, la répartition des profits est concentrée dans les activités d’extraction. Schématiquement, on estime qu’environ deux tiers des bénéfices du secteur proviennent de cette filière. Or, ces activités sont massivement situées en dehors du continent européen.
Cela ne signifie pas pour autant que les autres secteurs n’en dégagent pas. Le raffinage génère des marges assez cycliques mais dans le cas de TotalEnergies par exemple, il est à l’origine de 25 % de son résultat opérationnel net. Une proportion minoritaire mais non négligeable. Or, l’Europe et la France comptent de nombreuses raffineries, dont les filiales sont directement imposées par les administrations fiscales nationales.
Six raffineries sont actuellement en service dans l’Hexagone et TotalEnergies contrôle la moitié de la capacité de raffinage du pays. Leur nombre est cependant en recul sur le long terme : on en comptait plus de 20 sur le territoire dans les années 1970.
L’autre grande activité en France est la distribution de carburant, via les stations-service. Un métier très concurrentiel qui présente des marges structurellement faibles.
L’industrie pétrolière comporte en outre d’autres activités qui peuvent afficher des profits........
