Comment la politique monétaire peut (et doit) participer à la transition écologique
La Banque centrale européenne pourrait jouer un rôle important pour réorienter les flux financiers du brun au vert, mais ses actions restent pour l’instant timides. Les verrous sont politiques, non techniques.
110 milliards d’euros d’investissements supplémentaires par an, à partager entre le public et le privé, sont nécessaires pour respecter les engagements climatiques de la France à horizon 2030, selon la stratégie pluriannuelle des financements de la transition écologique (Spafte) présentée en octobre dernier par le gouvernement. Au niveau européen, l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) estime qu’il manque encore 406 milliards d’investissements annuels.
Alors que le niveau d’endettement des Etats est déjà élevé, que le privé continue de favoriser les projets bruns, plus rentables à court terme, et que la mobilisation des ménages et des entreprises est un parcours long et difficile, comment financer la nécessaire bifurcation écologique ?
C’est là que les banques centrales de chaque pays pourraient jouer un rôle. Ces banques des banques…
110 milliards d’euros d’investissements supplémentaires par an, à partager entre le public et le privé, sont nécessaires pour respecter les engagements climatiques de la France à horizon 2030, selon la stratégie pluriannuelle des financements de la transition écologique (Spafte) présentée en octobre dernier par le gouvernement. Au niveau européen, l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) estime qu’il manque encore 406 milliards d’investissements annuels.
Alors que le niveau d’endettement des Etats est déjà élevé, que le privé continue de favoriser les projets bruns, plus rentables à court terme, et que la mobilisation des ménages et des entreprises est un parcours long et difficile, comment financer la nécessaire bifurcation écologique ?
C’est là que les banques centrales de chaque pays pourraient jouer un rôle. Ces banques des banques distribuent des liquidités aux établissements de crédit et supervisent le fonctionnement du système bancaire. En Europe, l’action de la Banque centrale européenne (BCE) aurait d’autant plus d’impact sur l’allocation des flux monétaires que le financement bancaire est majoritaire par rapport au financement par les marchés, contrairement aux Etats-Unis.
« Pourtant, le verdissement de la politique monétaire en Europe se fait à pas de fourmi, car la BCE s’en tient à évaluer les risques financiers liés au dérèglement climatique, sans porter la même attention aux risques pour l’environnement liés à une finance tournée vers les énergies fossiles », regrette l’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran.
Pour tenir compte des risques financiers, l’institution de Francfort avait ainsi décidé en 2022 de limiter les collatéraux1 qu’elle accepte en garantie correspondant à des actifs très carbonés, par exemple des obligations émises par des entreprises pétrolières. En juillet dernier, la BCE a également annoncé que la valeur des collatéraux allait être indexée sur leur empreinte climatique à partir du second semestre 2026. En clair, les banques seront obligées de laisser plus de titres en garantie s’ils sont carbonés.
Une action limitée aux risques financiers
« C’est une étape clé, mais ce n’est qu’un début », tempère Clara Léonard, cofondatrice de l’Institut Avant-garde. Pour cette économiste, il faudrait aussi que la BCE contribue à réorienter les........

Toi Staff
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