menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

L’insoutenable légèreté climatique des grands événements sportifs

42 0
08.06.2026

L’impact écologique des méga-compétitions sportives telles que la Coupe du monde de football est de plus en plus lourd. Mais leurs organisateurs préfèrent augmenter leurs profits plutôt qu’opter pour une décroissance.

La compétition sportive la plus néfaste de l’histoire pour le climat, tel est le titre que devrait décrocher la Coupe du monde de football 2026, organisée en juin et juillet sur les trois immenses territoires des Etats-Unis, du Canada et du Mexique.

Cette édition réussira l’exploit de faire pire que la précédente au Qatar en 2022. Celle-ci avait généré des émissions de gaz à effet de serre évaluées à 5,2 millions de tonnes d’équivalent CO2. Pour cette année, un rapport du New Weather Institute les estime à 9 millions de tonnes. Et encore, il s’agit d’une estimation basse de l’ONG Scientists for Global Responsability : elles pourraient atteindre 15 millions...

La compétition sportive la plus néfaste de l’histoire pour le climat, tel est le titre que devrait décrocher la Coupe du monde de football 2026, organisée en juin et juillet sur les trois immenses territoires des Etats-Unis, du Canada et du Mexique.

Cette édition réussira l’exploit de faire pire que la précédente au Qatar en 2022. Celle-ci avait généré des émissions de gaz à effet de serre évaluées à 5,2 millions de tonnes d’équivalent CO2. Pour cette année, un rapport du New Weather Institute les estime à 9 millions de tonnes. Et encore, il s’agit d’une estimation basse de l’ONG Scientists for Global Responsability : elles pourraient atteindre 15 millions dans le bilan définitif.

Malgré leurs lourds impacts environnementaux, la fascination qu’exercent les grands événements sportifs internationaux (GESI) ne faiblit pas, pas plus que leur quête effrénée de croissance et de profits : le Mondial 2026 s’annonce aussi comme la compétition la plus lucrative de l’histoire.

Non seulement le nombre des grandes compétitions internationales a doublé en cinquante ans pour atteindre 80 chaque année, selon une étude dirigée par le géographe Martin Müller1, mais beaucoup sont frappées de gigantisme.

Ainsi, la FIFA – la confédération mondiale du football – a-t-elle lancé, l’été dernier, une nouvelle Coupe du monde des clubs à 32 équipes. Organisée aux Etats-Unis, elle a servi de répétition à la Coupe du monde des nations, qui passe de 32 à 48 nations participantes. Soit 104 matchs dans 16 stades (dont la capacité moyenne battra aussi un record), contre 64 dans les 8 enceintes qataries.

Les grands événements sportifs internationaux ont changé d’échelle lors des dernières décennies

Du côté du football européen, administré par l’UEFA, le championnat ­d’Europe des nations (Euro) est passé de 16 à 24 équipes en 2016, et la prestigieuse Ligue des champions, pour les clubs, a ajouté en 2024 pas moins de 64 rencontres aux 125 de la précédente formule.

Moins de bébés : est-ce si grave ?

Certes, le Comité international olympique (CIO), confronté à une pénurie de villes candidates et à des oppositions citoyennes, a plafonné le nombre d’athlètes et d’épreuves de ses Jeux olympiques et paralympiques (JOP), et promeut leur « héritage » ainsi que leur soutenabilité. Mais leur taille est en soi critique.

« Dans leurs formats actuels, les grands événements sportifs sont difficilement compatibles avec les limites planétaires », euphémise Maël Besson, consultant, ancien porte-parole du WWF et ancien chef de bureau sport durable au ministère des Sports.

« Dans leurs........

© Alternatives Économiques