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La France veut attirer plus de voyageurs sans s’interroger sur la juste place du tourisme

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En 2014, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, se fixait l’objectif que la France accueille 100 millions de touristes étrangers par an, contre environ 83 millions à l’époque. Un contrat rempli moins de dix ans plus tard, en 2023, à la faveur du rebond de voyages internationaux après la crise du Covid-19. Ce niveau s’est maintenu les années suivantes, avec même un chiffre record de 102 millions de touristes internationaux en 2025. 

Mais cela ne suffit plus pour le gouvernement. En juillet 2025, François Bayrou, alors Premier ministre, décrétait que le nouveau cap était d’atteindre 100 milliards d’euros par an de recettes liées au tourisme international, contre 71 milliards actuellement. 

Pays le plus visité au monde, La France ne se classe en effet que quatrième en termes de recettes, derrière les Etats-Unis, l’Espagne et… le Royaume-Uni. Carrefour européen, la France constitue en effet pour une partie de ses visiteurs internationaux un pays de transit, notamment vers l’Espagne.

Plus de touristes, plus de recettes… ces objectifs sont motivés par une approche strictement économique, mais ils nient largement les conséquences néfastes du tourisme en matière de pollution, de biodiversité, mais aussi de logement ou d’emploi…

Si l’exécutif fait l’autruche, c’est avant tout parce que le tourisme pèse lourd dans l’économie hexagonale. Le produit intérieur brut (PIB) direct du secteur sur le territoire (qu’il soit donc issu d’une clientèle nationale ou internationale) s’est élevé à 109 milliards d’euros en 2023, la dernière année connue, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Cela représente 3,8 % de la valeur ajoutée produite au total dans l’Hexagone. 

La Direction générale des entreprises (DGE), qui retient une définition des activités touristiques plus large que celle de l’Insee, estime quant à elle à 8 % la part du PIB français, et que 2 millions d’emplois sont liés au secteur.

Le tourisme constitue aussi le principal « sauveur » de la balance courante française, c’est-à-dire le relevé de toutes les opérations économiques de la France avec le reste du monde. La ligne « voyages » de la balance des paiements était ainsi, au dernier pointage de la Banque de France, positive à hauteur de 22,1 milliards d’euros. En langage courant, cela signifie que les touristes étrangers ont dépensé en France 22,1 milliards d’euros de plus que ce que les Français ont dépensé à l’étranger pour leurs voyages. De quoi « compenser », en partie, le déficit commercial français en produits physiques. 

Inégale répartition territoriale

Ce moteur économique est inégalement réparti sur le territoire. Les cartes du taux de fonction touristique (soit le nombre de lits touristiques pour........

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