Plan d’électrification : une pile de mesures et pas de jus
Le plan d’électrification que vient de présenter le gouvernement empile les dispositifs, mais manque de cohérence avec sa politique énergie-climat. Les moyens déployés ne sont pas à la hauteur des enjeux.
« Electrifions la France ! » coquerique le coq tricolore sur la couverture du plan du gouvernement « pour une énergie moins chère, plus souveraine et plus durable ». Présenté le 23 avril dans son intégralité, le très attendu plan d’électrification de l’exécutif avait été partiellement dévoilé le 10 avril par le Premier ministre.
Sébastien Lecornu l’avait alors opportunément défendu comme une réponse au contexte géopolitique : « Tant que nous dépendrons du pétrole et du gaz, nous continuerons de payer le prix des guerres des autres ». Si le niveau atteint par les cours des hydrocarbures depuis le blocage du détroit d’Ormuz a de toute évidence donné un coup d’accélérateur à l’élaboration de ce plan – les groupes de travail ont été lancés à partir du 3 mars –, ce n’en est toutefois clairement pas l’origine.
Ce plan avait été annoncé à l’automne dernier et son objet fondamental est de répondre à un problème épineux posé par la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) publiée début février. Un problème identifié au moins depuis la première mise en consultation de la PPE3 en novembre 2024, mais jamais vraiment traité depuis…
« Electrifions la France ! » coquerique le coq tricolore sur la couverture du plan du gouvernement « pour une énergie moins chère, plus souveraine et plus durable ». Présenté le 23 avril dans son intégralité, le très attendu plan d’électrification de l’exécutif avait été partiellement dévoilé le 10 avril par le Premier ministre.
Sébastien Lecornu l’avait alors opportunément défendu comme une réponse au contexte géopolitique : « Tant que nous dépendrons du pétrole et du gaz, nous continuerons de payer le prix des guerres des autres ». Si le niveau atteint par les cours des hydrocarbures depuis le blocage du détroit d’Ormuz a de toute évidence donné un coup d’accélérateur à l’élaboration de ce plan – les groupes de travail ont été lancés à partir du 3 mars –, ce n’en est toutefois clairement pas l’origine.
Ce plan avait été annoncé à l’automne dernier et son objet fondamental est de répondre à un problème épineux posé par la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) publiée début février. Un problème identifié au moins depuis la première mise en consultation de la PPE3 en novembre 2024, mais jamais vraiment traité depuis.
Une demande d’électricité en baisse
De quoi s’agit-il ? La PPE3 décrit la trajectoire des investissements énergétiques à réaliser au cours des dix prochaines années pour être en ligne avec les objectifs climatiques nationaux. En particulier, et à moyen terme, faire passer la part des énergies fossiles dans la demande d’énergie de 58 % aujourd’hui (essentiellement du pétrole et du gaz, le charbon étant marginal) à 29 % en 2035.
Cet enjeu climatique se double d’un enjeu de souveraineté, a fortiori quand le cours du baril flambe. Entièrement importées, les énergies fossiles avaient représenté une facture de 58 milliards d’euros en 2024.
Pour atteindre cet objectif de réduction des hydrocarbures, il faut, comme l’écrit la PPE3, à la fois consommer moins d’énergie et produire davantage d’énergie décarbonée. Le potentiel d’accroissement de la chaleur renouvelable – tirée des ressources végétales – étant très contraint par les capacités forestières et agricoles, c’est surtout........
