menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Le choc iranien va-t-il électriser la transition énergétique française ?

50 0
10.03.2026

L’envolée des cours des hydrocarbures plaide pour appliquer au plus vite la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie et réduire la dépendance aux fossiles. Mais le secteur des renouvelables reste dans l’expectative.

Lorsque, le 13 février, la France adopte sa nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), qui vise à faire passer les hydrocarbures de 60 % à 40 % de sa consommation d’énergie d’ici à 2030, le contexte est à nouveau porteur. Cela fait déjà deux mois que les cours du pétrole, qui n’avaient cessé de décliner ces trois dernières années une fois absorbé le choc de l’attaque de la Russie contre l’Ukraine, sont brusquement repartis à la hausse.

Après Vladimir Poutine en 2022, c’est cette fois Donald Trump qui a mis le feu au baril… 

Lorsque, le 13 février, la France adopte sa nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), qui vise à faire passer les hydrocarbures de 60 % à 40 % de sa consommation d’énergie d’ici à 2030, le contexte est à nouveau porteur. Cela fait déjà deux mois que les cours du pétrole, qui n’avaient cessé de décliner ces trois dernières années une fois absorbé le choc de l’attaque de la Russie contre l’Ukraine, sont brusquement repartis à la hausse.

Après Vladimir Poutine en 2022, c’est cette fois Donald Trump qui a mis le feu au baril. Le Brent, tombé mi-décembre sous les 60 dollars, avait déjà pris 10 dollars en février avec, entretemps, de nouvelles menaces sur le Groenland, la capture du président vénézuélien, puis le déploiement de forces aéronavales en direction du golfe Persique.

Avec le début des bombardements sur Téhéran le 28 février, le baril européen est passé à 80 dollars puis franchissait le 9 mars la barre symbolique des 100 dollars. Bien qu’il soit retombé autour des 90 dollars ce 10 mars, la question du prix des carburants reste au cœur de toutes les discussions.

La guerre contre l’Iran a également rapidement entraîné un doublement du prix du gaz en Europe. Le cours du « Dutch TTF », qui sert de référence dans l’Union européenne a bondi de 32 euros par mégawattheure (MWh) le 27 février à près de 60 €/MWh les jours suivants. Ce qui a aussi des répercussions sur les prix de l’électricité. Si le conflit dure, le Vieux Continent sera à la peine tandis que les exportateurs américains empocheront des milliards.

Pour Patrice Geoffron, directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières de l’université Paris-Dauphine-PSL, les tensions actuelles au Moyen-Orient viennent rappeler aux Européens leurs fragilités, dans une Union qui dépend encore à 70 % des énergies fossiles, et à peine moins pour la France (60 %) :

« Après le terrible choc de 2022, au début de l’invasion russe, avec une montée de la dépendance à l’égard de l’Amérique de Trump, l’Europe observe maintenant l’inflammation du Moyen-Orient… La seule assurance durable contre ces menaces est de maintenir le cap du Green Deal. »

« Après le terrible choc de 2022, au début de l’invasion russe, avec une montée de la dépendance à l’égard de l’Amérique de Trump, l’Europe observe maintenant l’inflammation du Moyen-Orient… La seule assurance durable contre ces menaces est de maintenir le cap du Green Deal. »

Recours contre les renouvelables

Quand les maires changent la ville

Ces menaces sur la souveraineté économique de la France, bien que toujours plus pressantes depuis février 2022, n’auront pas empêché de retarder de trois ans la publication de la PPE3, qui aurait dû être signée avant........

© Alternatives Économiques