Est-ce à une banque publique de développement française de financer le déve...
Le groupe Agence française de développement (AFD), qui engage près de 13,7 milliards d’euros (Mds€) par an[1], est une institution financière qui mène schématiquement deux activités distinctes : une activité de financement de la solidarité internationale aux moyens de crédits budgétaires alloués par le gouvernement français qui s’élèvent à 1,5 Md€ en 2026[2] : une activité de financement du développement durable, avec des enjeux climatiques forts, principalement dans les pays émergents.
L’activité de solidarité internationale du groupe AFD participe à l’Aide publique au développement de la France. Elle s’adresse principalement aux pays pauvres. L’étendue du périmètre de son action est étroitement liée au niveau des crédits budgétaires reçus du gouvernement français. Depuis 2023, le montant de ces crédits baisse drastiquement[3], ce qui réduit considérablement les financements de solidarité internationale qu’opère le groupe AFD.
En revanche, l’activité de financement du développement durable n’est pas impactée par la baisse des crédits budgétaires alloués au Groupe. En effet, ce type de financement se réalise pour la plupart en prêts à condition de marché, à partir d’une ressource financière empruntée sur les marchés par le Groupe AFD, et reprêtée avec une marge aux bénéficiaires. Cette activité du groupe AFD est en plein essor et ne coûte rien aux finances publiques de notre pays.
Le groupe AFD justifie ce second type d’intervention comme une contribution française à la lutte contre le changement climatique et à la préservation de la biodiversité dans le cadre de l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD), au nom de la protection des biens publics mondiaux. En effet, dans un monde interdépendant, il serait dans certains cas plus efficace, plus efficient d’appuyer le développement durable des pays émergents que d’intervenir dans d’autres pays peu émetteurs ou même dans un pays développé comme le nôtre. Selon le groupe AFD, cette activité serait porteuse d’une ouverture de marchés supplémentaires pour les entreprises françaises, à coûts budgétaires nuls. Bien que les marchés financés par le groupe AFD soient attribués en appel d’offres ouvert (ouvert à la concurrence), les entreprises françaises remportent une part significative de ces marchés (3 Mds par an[4] sur un total de financement essentiellement en prêts du groupe de 13,7 Mds €/an en 2026). Cette ouverture de marchés pour les entreprises françaises permet au groupe AFD de compléter la justification première de son activité dans les pays émergents, le développement durable partout dans le monde, par un effet retour sur les entreprises françaises et plus largement sur le rayonnement de la France à l’international.
Hélas, cet argumentaire du groupe AFD n’est pas très convaincant et ce pour........
