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Mobilisation des maires réunionnais face à la très forte baisse des PEC

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06.05.2026

La forte baisse du nombre de PEC confirmée dans l'instruction N° DGEFP/MIP/METH/MPP/2026/39 du 3 avril 2026 relative au fonds d’inclusion dans l’emploi (FIE) en faveur des personnes les plus éloignées du marché du travail (voir L'État impose de limiter les signatures de PEC au renouvellement) a des conséquences outre mer, et tous particulièrement à la Réunion.

Les données montrent en effet un impact important : alors qu'o, comptait 25 000 PEC dans l'île en 2024, il n'y avait plus que 10 000 contrats en 2025, avec un taux d’aide de l’État à hauteur de 50% sur une durée de 10 mois et il n'y en a plus que 4 000 en 2026 avec un taux d’aide à hauteur de 40% et sur une durée réduite à 6 mois.

Le préfet qui avait invité les maires élus ou réélus pour "créer un lien de confiance avec les services de l'État" a été interpellé par les élus, comme l'exprime dans Réunion la Première Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis "Le retrait des contrats aidés est une grande catastrophe sociale pour un grand nombre de personnes très éloignées de l'emploi, des femmes bien souvent, des familles monoparentales"

La ventilation décidée par la Préfecture ne laisserait que 800 postes pour les 24 communes et les 5 intercommunalités, le Département bénéficiant de 1.700 contrats, la Région de 250 pour les emplois verts, tandis qu’un peu plus de 1.000 contrats seraient fléchés vers le tissu associatif.

Dans le Quotidien de la Réunion l’Association des maires de La Réunion (AMDR) fustige cette baisse « Une décision qui, dans un contexte budgétaire très contraint au plan national, s’impose aux maires de La Réunion sans aucune concertation. Une décision dont les conséquences seront catastrophiques. Les communes ayant déjà validé leur budget, nos marges de manœuvre sont nulles »,

Alexis Chaussalet, nouveau maire du Tampon, parle selon Zinfos 974 d’un véritable "coup de massue". "Lorsqu’on nous donne toutes ces belles intentions et qu’on finit la matinée en nous expliquant que demain, nous allons devoir faire, en ce qui concerne la commune du Tampon, avec 90% de PEC en moins, comment voulez-vous qu’on accepte cette information sans sourciller ? ... Je n’ai pas été élu pour aller dans les salons de la préfecture pour écouter des discours alors qu’on nous donne des coups de massue."

Karim Juhoor, nouveau maire de Saint-Leu, va dans le même sens "On ne peut pas demander aux communes d’être en première ligne face aux urgences sociales, scolaires et territoriales, puis leur retirer brutalement les moyens d’agir. Cette méthode est inacceptable"

Selon Imaz Press, cette matinée "d’accueil à la préfecture" a tourné au fiasco, alors que les élus ont refusé de participer à la photo de groupe qui était prévue à la fin de cette première réunion, et la quasi-totalité d'entre eux a refusé l'invitation à déjeuner de la préfecture.

Il faut dure que le Préfet n'a pas cherché à arrondir les angles avec les élus en déclarant “beaucoup de gens sont contre ces contrats aidés, ils s’en plaignent beaucoup, ils disent que c’est de l’assistanat“ et en affirmant "La priorité est donnée au secteur associatif, acteur essentiel de la cohésion sociale dans les quartiers et au plus près des habitants. La priorisation des publics les plus éloignés de l’emploi est renforcée : les travailleurs handicapés et les demandeurs d’emploi de très longue durée sans qualification"

Pour protester contre cette décision de l'État, les maires ont décidé d'organiser une manifestation le 20 mai pour faire pression sur l’État avant la rentrée. 

Nul doute que nous aurons l'occasion de revenir sur un sujet que nous suivons depuis 15 ans

Les articles de ce blog sur les contrats aidés et la politique de l'emploi à la........

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