La plus grande réussite de Martin St-Louis
Un nom... et bien que je souhaitais que ce nom soit Juraj Slafkovsky, comment adresser un seul joueur et ignorer Cole Caufield ?
D’aucune façon imaginable...
Caufield est à un petit but de la barre des 50. Il en a 49 en 74 matchs. Encore mieux, l’ensemble des buts de « Goal Cole » l’ont été face à un gardien.
Douze de ses filets ont été des buts gagnants, dont les trois derniers dans cette séquence irrésistible de sept victoires de suite des Glorieux. Steven Stamkos suit Cole avec dix buts gagnants et Brock Nelson lui en a neuf.
Depuis qu’il s’est reposé pendant les Jeux de milan, alors que Bill Guerin et sa garde rapprochée ont choisi de l’ignorer dans la sélection américaine, Caufield a enfilé 17 buts en 18 matchs.
Parions que Guerin s’en fout. Il a de l’or plein le cou pour utiliser un mot de trois lettres commençant par un « c », mais poli.
Restons sur ce qui est positif : Cole Caufield.
Dans l’histoire de la Ligue nationale de hockey, 101 fois un joueur est parvenu à enfiler 50 buts ou plus dans une même saison. Seulement 18 fois ce joueur était américain. Ils sont 11 à être nés au pays de Donald et à avoir fracassé la barre magique des 50 buts. C’est bien peu quand on y pense.
Précisions, Brett Hull, comme son père Bobby, est né en sol canadien. Arbitrairement, je les exclus de l’exercice, sans droits de douane par contre.
John LeClair, qui est né et a grandi sur une ferme juste à côté à Saint-Alban dans le Vermont, est le seul à avoir réalisé l’exploit à trois reprises. Il l’a fait sur le puissant trio « Legion of Doom », complété par Mikael Renberg et un certain Eric Lindros.
Cinq autres ont atteint ce plateau à deux reprises chacun. L’ineffable Keith Tkachuk, le père des frères de la révolution Matthew et Brady l’a fait à Winnipeg en 1995-1996, avant de sortir de là à la nage en direction Phoenix, où il l’a refait la saison suivante.
Les autres sont Pat LaFontaine, qui avait ensorcelé la LHJMQ avec le Junior de Verdun à 17 ans, Jeremy Roenick, qui a disputé seulement 28 matchs avec les Olympiques de Hull en 1988-1989, mais qui a marqué la Promenade du Portage à jamais, Kevin Stevens, qui a grandement bénéficié de la générosité du magnifique Mario Lemieux à Pittsburgh.
Et le plus récent Auston Matthews, le seul américain à avoir atteint le plateau des 60 buts ou mieux ce qu’il a fait deux fois avec les Maple Leafs de Toronto en 2021-2022. Matthews n’a mis que 73 matchs pour enfiler 60 buts. Ne cherchez pas plus loin son capitainat américain.
Entre 1997-1998 et 2021-2022, aucun Américain n’a trompé un gardien adverse 50 fois. Une disette de 23 ans qui coïncide avec une recrudescence du hockey d’accrochage et de trappe.
D’ailleurs, seulement trois Américains ont eu des saisons de 50 réussites ou mieux lors des décennies de repli défensif outrancier, tandis qu’entre Bobby Carpenter, le tout premier joueur des États-Unis à réussir l’exploit aussi tard qu’en 1984-1985 et Jeremy Roenick, le dernier à l’avoir fait avant qu’on éteigne le hockey. La moyenne de marqueurs de 50 buts ou mieux par saison et comprenant au moins un américain était de neuf.
Cole Caufield va le faire cette saison, alors que seuls lui et Nathan MacKinnon risquent de réussir l’exploit. Il y aura peut-être Connor McDavid, mais il va devoir y aller d’une poussée vertigineuse.
Caufield vient tout juste d’avoir 25 ans. Est-il hasardeux de croire qu’il va inscrire 50 buts ou mieux au moins trois fois comme John LeClair ? Peut-il maintenir la cadence d’Auston Matthews afin de le faire aussi souvent sinon plus que Capitaine America ?
Absolument possible et Caufield va le faire en s’appliquant dans les trois zones de la glace, dans toutes les phases du jeu.
La plus grande réussite de Martin St-Louis depuis son arrivée avec le Canadien s’appelle Cole Caufield. Le coach a su écouter, se faire entendre, comprendre et se faire comprendre par le brillant et toujours souriant Caufield.
St-Louis n’a jamais marqué plus de 43 buts dans une même saison. Parions qu’il les a tous marqués contre un gardien et non dans des filets déserts.
Il a une seule fois atteint le plateau des 100 points, soit 102 en 2006-2007. Il avait alors 31 ans, mais Martin travaillait fort partout sur la glace.
Félix Séguin suggérait que Caufield puisse gagner le trophée Lady Byng cette saison. St-Louis l’a mérité à trois reprises. Martin s’est reconnu en Cole et il en a fait son projet personnel. Caufield le lui rend à merveille, et on partage avec enthousiasme une large part du plaisir qui en découle !
