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Séparations conflictuelles voire violentes : ce que révèlent les attaques verbales des pères

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13.05.2026

Une étude s’est plongée dans des sms et mails envoyés par des pères et jugés blessants ou intimidants par les mères qui les ont reçus, dans des contextes de séparations conflictuelles ou violentes, révélant un florilège de remarques misogynes.

La coparentalité, en cas de séparation, peut tourner à la communication forcée quand elle s’éloigne de son objectif de construction d’un projet commun pour l’enfant et qu’elle vire à la destruction symbolique de l’autre.

Pour reprendre les mots de la chercheuse en psychologie sociale Andreea Gruev-Vintila, spécialiste du contrôle coercitif, la coparentalité peut alors se muer en « contreparentalité » et constituer un « boulevard » pour dénigrer, intimider, et harceler en permanence l’autre parent.

Read more: Contrôle coercitif : pourquoi ce concept transforme l’appréhension des violences faites aux femmes et aux enfants

J’ai voulu cerner et caractériser linguistiquement ce qui, dans les échanges coparentaux, est ressenti comme une violence par les destinataires, afin de l’objectiver, étant donné que les comportements verbaux ou psychologiques violents sont parfois difficiles à qualifier juridiquement.

Pour constituer ce corpus d’étude, je me suis rapprochée d’acteurs pouvant accompagner les coparents lors des séparations conflictuelles ou violentes (associations d’aide aux victimes de violences conjugales, travailleurs sociaux, psychocriminologues, psychologues…). Par ce biais, vingt mères m’ont fourni des écrits électroniques – SMS et mails – de l’autre parent (masculin) qu’elles ont identifiés comme les blessant ou les intimidant.

Concernant cette nature non mixte du corpus, c’est de facto qu’elle l’est : aucun des rares hommes rencontrés dans les associations ou les patientèles ne s’est déclaré concerné. Les études le montrent : d’une part, les hommes se reconnaissent rarement comme victimes, en raison des stéréotypes de genre qui leur font éprouver de la honte à subir des violences conjugales ; d’autre part, ce sont les hommes qui commettent majoritairement les violences.

Pour mener ces analyses linguistiques, j’adopte la conception actionnelle du langage qui l’envisage comme un outil pour agir sur ce qui nous entoure. Toute prise de parole est une forme d’action sociale produisant des effets........

© The Conversation