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Comment X est devenu l’un des théâtres de la guerre en Ukraine

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28.07.2026

Dans le cadre de la guerre à haute intensité en Ukraine, le rôle du réseau X (anciennement Twitter) a évolué : il est devenu un terrain privilégié à la fois pour les analystes, les journalistes et les chercheurs, ainsi qu’un espace d’expression pour les diplomates et les responsables politiques.

Dès les premières heures du 24 février 2022, alors que Vladimir Poutine venait d’annoncer, dans un discours prononcé à l’aube, le lancement de ce qu’il qualifie d’« opération militaire spéciale », des milliers de publications pullulaient déjà sur Twitter. Réactions diplomatiques, images prises sur le terrain — souvent filmées par des habitants ou enregistrées par des caméras de surveillance —, témoignages, premières enquêtes en sources ouvertes dites d’Open Source Intelligence (OSINT), analyses et campagnes informationnelles s’y entremêlaient en temps réel.

Twitter s’est imposé comme une source et un agrégateur d’informations, un espace de confrontation des récits, un laboratoire d’enquêtes ainsi qu’un outil de diplomatie numérique et une salle de rédaction internationale. Les journalistes n’étaient plus les seuls à informer : gouvernements, ONG, témoins, civils, militaires, analystes ou encore chercheurs y prélèvent et diffusent leurs informations.

Un terrain numérique riche en données

Rappelons que Twitter a été fondé en 2006 par Jack Dorsey, Evan Williams, Biz Stone et Noah Glass, avant d’être racheté par Elon Musk en octobre 2022 qui l’a renommée X en juillet 2023. Ce dernier a engagé des remaniements internes concernant aussi bien le fonctionnement du réseau social que l’organisation de ses équipes, suscitant des controverses, notamment autour de la modération des contenus. La littérature scientifique consacrée à la plate-forme est conséquente et les chercheurs en sciences humaines et sociales investissent ce réseau social pour y analyser différentes dynamiques.

Ce « terrain numérique » offre aux chercheurs et journalistes un moyen d’observer un conflit en temps réel et de décrypter des dynamiques politiques, sociales et informationnelles. Dès 2009, la notion de « Twitter Revolutions » apparaît dans l’analyse de la circulation des informations lors des contestations en Iran. Cette même formule a été reprise ultérieurement, lors du Printemps arabe, pour décrire les mobilisations collectives.

La révolution de Maïdan a aussi fait l’objet de plusieurs études sur Twitter, tant linguistiques que sociologiques. Ces travaux se sont multipliés dès 2014 avec l’annexion de la Crimée et les combats dans le Donbass. Ainsi, une étude publiée en 2015 a montré que le hashtag #SaveDonbassPeople, lancé par des militants pro-russes dans le cadre d’une campagne reposant notamment sur la mise en scène d’enfants et la création de faux profils, est ensuite devenu un instrument de confrontation informationnelle entre les deux camps. Plus récemment, en 2022, des chercheurs ont mis en évidence, à partir d’un corpus de tweets, une progression marquée de l’usage de la langue ukrainienne parmi les utilisateurs ukrainiens étudiés, parallèlement à un recul de l’usage du russe.

Diplomaties en miroir

L’allocution télévisée de Vladimir Poutine annonçant le lancement de l’« opération militaire spéciale » a été diffusée le jour même sur le compte officiel du ministère russe des Affaires étrangères, quelques heures après sa diffusion sur les chaînes de télévision russes.

Le ministre ukrainien des affaires étrangères de........

© The Conversation