menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

L’urbanisation provoque des effets en cascade entre les écosystèmes aquatiques et terrestres

10 0
02.07.2026

Nous transformons le visage de la planète à un rythme inédit. Forêts coupées, zones humides drainées, cours d’eau enserrés par le béton : partout, les paysages se transforment. Pourtant, nous ignorons largement comment les impacts de ces transformations se propagent entre écosystèmes, menant potentiellement à des effets en cascade à l’échelle du paysage.

Nos travaux, menés dans deux cours d’eau du Québec, en offrent un aperçu clair. Les conséquences de la perte d’habitat naturel voyagent loin de leur point de départ, traversent les frontières entre l’eau et la terre, et reconfigurent silencieusement des communautés écologiques entières.

Des insectes qui font le pont entre deux mondes

Tout part d’un groupe d’organismes dont on parle peu, mais qui joue un rôle écologique essentiel : les insectes aquatiques émergents.

Ces espèces (éphémères, plécoptères, trichoptères, etc.) croissent sous l’eau, puis s’envolent à l’âge adulte pour vivre quelques jours sur la terre ferme. Ce passage de l’aquatique au terrestre n’est pas qu’un simple trait de vie. C’est l’un des plus grands transferts d’énergie qui existent entre les cours d’eau et les systèmes terrestres.

Chaque printemps, le long des rivières ou des ruisseaux à travers le monde, ce sont des milliards d’insectes qui sortent de l’eau et deviennent une ressource alimentaire pour les oiseaux, les chauves-souris, les amphibiens et les araignées riveraines, parmi lesquels plusieurs espèces voient leurs populations décliner. Pour certains prédateurs terrestres, comme les araignées, jusqu’à 99 % du carbone de leur corps provient de cette nourriture originaire de l’eau.

Ces insectes sont riches en longues chaînes d’acides gras polyinsaturées, comme l’acide eicosapentanéoïque (EPA), un oméga-3 essentiel au........

© The Conversation - FR