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Des phares aux autoroutes : pourquoi nos infrastructures ont souvent un double usage

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07.07.2026

La plupart des infrastructures et des technologies peuvent remplir plusieurs fonctions à la fois. Certains usages sont prévus dès la conception, d’autres émergent plus tard lorsque des outils conçus pour aider sont réutilisés, adaptés ou détournés dans d’autres contextes. La notion de « double usage » sert précisément à penser cette coexistence entre usages bénéfiques, usages stratégiques et usages potentiellement nuisibles.

Le double usage désigne le fait que des technologies, des connaissances ou des infrastructures puissent avoir plusieurs usages simultanés – parfois prévus dès l’origine, parfois détournés de leur fonction initiale. Pour les personnes chercheuses qui travaillent sur le double usage, une question revient sans cesse : comment des technologies ou des infrastructures conçues pour aider peuvent-elles aussi servir à surveiller, contrôler, protéger ou nuire ?

Cette question a pris une tournure inattendue lors d’une discussion entre pairs autour du phare et d’une « métaphore » (ou plutôt « méta-phare ») du double usage. Le jeu de mots nous a fait sourire, mais il pointe vers quelque chose de plus profond : bien avant que le concept n’existe, les sociétés y étaient déjà confrontées.

Quand la sécurité devient un piège

Depuis des siècles, les phares font partie des infrastructures publiques essentielles. Ils ont été conçus pour guider les navires vers les côtes, prévenir les naufrages et soutenir le commerce et le développement économique. Avant le GPS, ils représentaient un repère vital, un signal de sécurité dans des conditions incertaines.

Mais les infrastructures maritimes ont aussi toujours eu une dimension stratégique : contrôler les routes commerciales, sécuriser des territoires côtiers ou protéger certaines populations. Cette dimension stratégique rendait aussi ces infrastructures particulièrement vulnérables aux usages détournés.

Des récits historiques évoquent l’usage de feux trompeurs pour induire des navires en erreur – même si l’ampleur réelle de ces pratiques fait encore débat. Certains décrivent des communautés côtières qui éteignaient des balises officielles ou allumaient de faux feux le long de caps dangereux afin de détourner les navires, provoquer leur échouement et récupérer leur cargaison. Une technologie conçue pour éviter les catastrophes pouvait ainsi en provoquer.

La situation n’est toutefois pas si simple. Pour les riverains sur le point d’être attaqués, le détournement de l’utilisation des phares est bénéfique, alors qu’il est nuisible du point de vue des marins.

Pour déterminer si un usage est........

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