Le recul du télétravail accentue les inégalités d’accès pour les personnes ayant des incapacités
La question du retour au bureau, largement dans l’actualité ces temps-ci, se résume souvent à la gestion des horaires : par exemple, trois jours en présence, deux jours à distance. Mais pour certaines personnes, l’enjeu touche à la possibilité même de travailler.
Le télétravail n’a pas seulement offert de la flexibilité, il a aussi réduit des obstacles que le présentiel rendait incontournables. Quand une organisation ferme cette porte, elle ne revient pas à un état neutre. Elle réinstalle une norme qui avantage certains profils de personnes et en fragilise d’autres, notamment les personnes ayant des incapacités. Ces dernières forment une proportion importante de la population active, signe de la diversité de la main-d’œuvre canadienne.
Le recours plus étendu au télétravail dans les dernières années a modifié concrètement les conditions d’accès au travail pour certains groupes. Il a permis à des personnes ayant avec des incapacités de participer au travail en réduisant des contraintes du présentiel, comme le transport ou la rigidité d’horaire. Revenir à une norme de présence sans tenir compte de ces effets ne constitue pas un simple retour en arrière. Cela peut aussi signifier un recul par rapport à des formes d’inclusion qui s’étaient progressivement instaurées.
Les employeurs qui prônent le retour au présentiel invoquent l’efficacité collective, la créativité, la cohésion et le mentorat. Ces objectifs comptent, mais une règle identique ne convient pas à tous, puisque la présence obligatoire n’impose pas le même coût de participation selon les personnes.
Le présentiel ajoute des déplacements, des contraintes d’horaire et un environnement spécifique. La règle de présence devient une condition de participation au travail. Lorsqu’elle crée un désavantage lié à une incapacité, elle soulève un enjeu........
