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La mystérieuse mort de Mary Reeser, réduite en cendres dans une pièce intacte

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La mystérieuse mort de Mary Reeser, réduite en cendres dans une pièce intacte

Thomas Messias – 1er mai 2026 à 8h00

Retrouvée calcinée dans son appartement intact, la sexagénaire floridienne est au cœur d'une énigme vieille de soixante-quinze ans.

Temps de lecture: 2 minutes - Repéré sur Popular Mechanics

C'est un mystère à la Rouletabille qui entoure la mort tragique de Mary Reeser, survenue en juillet 1951. L'affaire est si étrange que certains ont mis le décès de cette Floridienne alors âgée de 67 ans sur le compte de la combustion spontanée, théorie prétendument scientifique selon laquelle le corps humain peut, dans certaines circonstances, prendre feu de lui-même.

Résidant dans un immeuble de la ville de St. Petersburg, ville du sud-est des États-Unis, la sexagénaire s'est couchée le soir du 2 juillet en ayant vraisemblablement pris deux comprimés de Séconal, un barbiturique à action rapide pouvant être utilisé contre l'insomnie. Le lendemain matin, alertée par une odeur de fumée, la propriétaire de l'immeuble tenta d'entrer dans l'appartement de sa locataire, ce qui fut fait difficilement étant donné que la poignée de la porte était brûlante.

Des restes et des cendres

À l'intérieur de cet appartement du 1200 Cherry Street, elle découvrit des restes calcinés, entourés par des cendres. On pouvait notamment y déceler des fragments de vertèbres ainsi que le crâne de Mary Reeser. Étrangement, son pied gauche était en revanche resté intact, raconte Popular Mechanics. Effroi et stupéfaction: comment le corps de la victime avait-il pu brûler presque intégralement quand, dans le même temps, son appartement était resté presque intact?

Les experts sont formels: pour qu'un corps brûle de cette façon, il aurait fallu le porter à une température d'environ 1.650 degrés Celsius pendant trois à quatre heures. Or, à part quelques bougies fondues, des cendres au plafond, un fauteuil capitonné dévasté et quelques interrupteurs électriques tordus, l'appartement ne semblait pas avoir subi de dommage. Même certains journaux présents non loin des restes humains avaient échappé aux flammes.

«C'est le cas le plus inhabituel que j'aie vu en près de vingt-cinq ans de service dans la police de St. Petersburg», écrivit le chef des autorités locales, J.R. Reichart, un mois après les faits. Dans une lettre adressée à J. Edgar Hoover, alors directeur du FBI, il déclara que cet incendie mystérieux était «trop énigmatique pour que les forces de police d'une petite ville puissent le gérer». La police envoya donc à un laboratoire de Washington des échantillons du tapis de l'appartement, des débris des murs et des morceaux de la chaise détruite. Selon le Tampa Bay Times, un quotidien floridien, les analystes écartèrent rapidement des causes comme la foudre, l'alcool ou l'essence.

Fallait-il pour autant se mettre à croire à l'hypothèse de la combustion spontanée? Au risque de décevoir celles et ceux qui tentent de (se) convaincre que le phénomène existe, les enquêteurs ont toujours privilégié une autre hypothèse, sans pour autant parvenir à la prouver de façon de façon certaine: celle de l'«effet de mèche». Le terme désigne ce qui se produit lorsqu'une source d'énergie externe allume un feu qui est ensuite alimenté par les réserves de graisse du corps, qui jouent alors un rôle équivalent à celui de la mèche d'une bougie.

Or, un élément du profil de la victime peut légitimement faire pencher la balance en faveur de cette théorie: «Mary était une grande fumeuse», déclarait Ernestine Reeser, la belle-fille de Mary Reeser, à un journal local venu l'interroger sur l'affaire quarante ans après le drame. S'ajoute au dossier le fait que la chemise de nuit de la victime était en acétate de rayonne, une matière hautement inflammable.

Cigarette allumée et chemise de nuit: tel est le cocktail qui a probablement coûté la vie de Mary Reeser, qui se trouvait alors assise sur une chaise (inflammable) située suffisamment loin de tout autre élément susceptible de prendre feu. Mais cette explication ne convainc pas tout le monde. Selon Wilton Krogman, anthropologue à l'université de Pennsylvanie, si les événements s'étaient déroulés ainsi, le crâne aurait explosé, ce qui n'a pas été le cas. Il ajoute qu'un seul foyer d'incendie n'aurait pas suffi à provoquer une telle combustion de la victime. De là à relancer l'hypothèse de la combustion spontanée, il n'y a évidemment qu'un pas, ce qui fera évidemment fantasmer les personnes croyant à ce phénomène.

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