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Le rail français et la Shoah, ce passé que la SNCF préfèrerait oublier

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19.07.2026

Le rail français et la Shoah, ce passé que la SNCF préfèrerait oublier

Quelle fut la responsabilité de la SNCF dans la «Solution finale» voulue par l'occupant nazi? À la fin des années 1990, des familles de déportés saisissent les tribunaux, en accusant l'entreprise de complicité. Voici le verdict des historiens.

Temps de lecture: 4 minutes

19 juillet 2026 à 9h00 – Édité par Émile Vaizand

Certes, la SNCF a d'autres chats à fouetter. Entre les retards, les grèves, l'éternel débat sur la retraite de ses agents, et une dette estimée à plus de 24 milliards d'euros fin 2025, l'entreprise tricolore n'a guère le temps de regarder dans le rétroviseur. Mais au début des années 1990, un chercheur autrichien met (illégalement) la main sur un document compromettant qui révèle que la compagnie ferroviaire a participé au transport de déportés.

Flairant le scandale, la SNCF se livre alors à un profond examen de conscience. Elle signe une convention de recherche et ouvre ses archives aux historiens. Ces derniers y trouvent d'abord des notes disparates et des cartons mal rangés, mais ils finissent par y mettre de l'ordre. Et voilà ce qu'ils découvrent.

Le 22 juin 1940, jour de la capitulation française, les conditions de l'armistice placent la SNCF, nationalisée deux ans plus tôt, «à la disposition pleine et entière du chef allemand des Transports». Annexé par l'occupant, le rail tricolore doit se mettre au service de l'ennemi: personnel et matériel sont réquisitionnés jusqu'à nouvel ordre. Comme pour sa production de charbon, de vin ou d'armement, les ressources tricolores sont siphonnées par l'occupant avec la complicité du régime de Vichy.

On relève peu de résistances. Le président de la SNCF de l'époque, Pierre-Eugène Fournier, déclare en 1941 que la France «est disposée, dans le cadre de la politique de collaboration, à........

© Slate