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«Elle a été figée dans sa jeunesse»: au cœur de la Somme, Élodie Kulik hante la mémoire de Péronne

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«Elle a été figée dans sa jeunesse»: au cœur de la Somme, Élodie Kulik hante la mémoire de Péronne

«Elle a été figée dans sa jeunesse»: au cœur de la Somme, Élodie Kulik hante la mémoire de Péronne

Un meurtre sordide, une enquête qui n'en finit pas et une victime que tout le monde adorait. Entre 2002 et 2019, l'affaire Élodie Kulik et ses rebondissements ont marqué au fer rouge la petite ville de Péronne, en Picardie. Au point de ne jamais pouvoir se refermer?

28 juillet 2026 à 6h55

Mathilde Beaugé, Susie Waroude

La route départementale serpente au milieu des champs à perte de vue. Ce jeudi 10 janvier 2002, la vallée de la Somme est ensevelie sous une nuit glaciale. Élodie Kulik, seule à bord de sa Peugeot 106 rouge, vient de passer la soirée à Saint-Quentin (Aisne) avec un ami et rentre chez elle à Péronne, à une trentaine de kilomètres, dans l'est du département de la Somme voisin. Vers minuit et demi, les pompiers reçoivent l'appel d'une jeune femme. Elle hurle, se voit mourir.

La conversation s'arrête au bout de vingt-six secondes, puis son téléphone s'éteint. Impossible de savoir qui elle est ni où elle se trouve. Vingt-cinq ans plus tard, Tony Poulain, chroniqueur judiciaire au Courrier picard, se souvient des jours qui ont suivi comme si c'était hier. À ce moment-là, pour lui, Élodie Kulik vient tout juste de devenir directrice de l'agence péronnaise de la Banque de Picardie. Elle est si jeune –24 ans– qu'il lui a même tiré le portrait dans le journal quelques mois plus tôt.

«Le vendredi soir du 11 janvier, je fais ma tournée de gendarmerie, habituelle quand on est localier. Les gendarmes me demandent de passer un avis de recherche et en voyant la photo, j'ai tout de suite su que c'était elle», se souvient Tony Poulain, attablé dans sa cuisine devant le hors-série que le Courrier picard a consacré à l'affaire en 2019. Le café ronronne sur le feu dans une cafetière italienne.

Grâce à l'avis lancé dans le quotidien régional, un ouvrier agricole a trouvé bizarre ce petit tas calciné au milieu du chemin, qu'il a d'abord pris pour un tronc d'arbre. «Il a lu le journal et il sait qu'on recherche quelqu'un, donc il donne l'alerte», retrace le journaliste. Lui ne travaillait pas ce week-end-là. La découverte du corps d'Élodie Kulik, violée, étranglée et brûlée deux jours plus tôt, est tombée sur un de ses collègues. Dès son retour le lundi, «c'était la folie». Il n'imaginait pas qu'il faudrait dix-huit ans d'une enquête acharnée pour faire jour sur cette affaire. Quasiment toute sa carrière.

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