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Après le Venezuela et l'Iran, Donald Trump a déjà trouvé sa prochaine cible

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03.03.2026

Après le Venezuela et l'Iran, Donald Trump a déjà trouvé sa prochaine cible

Laura Perren – 3 mars 2026 à 20h55

Alors que la situation est explosive au Moyen-Orient après les frappes américano-israéliennes du week-end du 28 février, Washington se penche déjà sur sa prochaine cible. Les regards sont tournés vers Cuba, avec l'hypothèse d'une «prise de contrôle amicale».

Temps de lecture: 3 minutes - Repéré sur The Atlantic

À Washington, l'impensable semble progressivement devenir une doctrine à part entière. Dans la «Situation Room», la salle de crise présidentielle située au sous-sol de la Maison-Blanche, les langues se délient autour d'un grand projet géopolitique trumpien, que beaucoup considéraient il y a encore quelques mois comme irréaliste: le renversement de trois autocraties dans le viseur des autorités américaines depuis plusieurs décennies.

Alors que les frappes américano-israéliennes contre l'Iran ont provoqué la mort du Guide suprême Ali Khamenei samedi 28 février, quelques semaines seulement après la spectaculaire capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, Donald Trump envisagerait déjà sa prochaine cible, les yeux rivés sur Cuba.

Vendredi 27 février, le locataire de la Maison-Blanche a émis l'hypothèse d'une «prise de contrôle amicale» de l'île aux 11 millions d'habitants, affirmant que les Cubains «n'ont plus de pétrole, ni d'argent. Ils n'ont plus rien maintenant.» Selon ses dires, le secrétaire d'État américain Marco Rubio mènerait des discussions de «très haut niveau» avec plusieurs dirigeants cubains, avec en ligne de mire la «conclusion d'un accord». Plusieurs sources diplomatiques ont confirmé la tenue d'échanges informels entre des représentants américains et Raúl Guillermo Rodríguez Castro, le petit-fils de l'ancien président Raúl Castro.

Le président américain est resté volontairement flou quant à la forme que prendrait cette prise de contrôle amicale. Derrière la rhétorique conciliatrice, les scénarios envisagés semblent explosifs. Une invasion militaire plongerait Cuba dans le chaos, provoquant un afflux massif de réfugiés vers les États-Unis au moment où Donald Trump a fait de la lutte contre l'immigration la pierre angulaire de son second mandat. Une intervention armée ferait également poindre le risque d'une révolte interne. L'opposition cubaine est cependant fragilisée et profondément morcelée, après presque sept décennies de régime répressif, comme le souligne The Atlantic.

Selon plusieurs responsables proches du président américain, ces déclarations publiques traduisent la volonté de Donald Trump de s'inscrire dans l'histoire comme l'architecte de transformations géopolitiques majeures. En opérant un revirement à 180 degrés par rapport à ses discours isolationnistes, le locataire de la Maison-Blanche ambitionne désormais de transformer le régime de trois pays qui ont longtemps contrarié la politique étrangère américaine.

Cuba représente cependant un cas particulier. Depuis près de soixante-dix ans, presque tous les présidents américains ont rêvé de renverser le régime communiste, sans succès. De la baie des Cochons aux décennies d'embargo, chaque tentative s'est heurtée à la résilience du pouvoir cubain. Aujourd'hui, justifier une prise de contrôle pour des raisons de sécurité nationale paraît relativement simple: le pays situé à environ 150 kilomètres de la Floride est doté d'un gouvernement socialiste que Washington accuse régulièrement d'activités hostiles. De surcroît, l'île bénéficie du soutien de la Russie et de la Chine.

Dans ce contexte, Donald Trump a durci le ton face à La Havane en déclarant fin janvier l'état d'urgence nationale, motivé par la présence d'installations russes de renseignement électronique sur le territoire. Par décret présidentiel, il a affirmé agir pour «protéger les citoyens et les intérêts américains», accusant Cuba d'accueillir «des groupes terroristes transnationaux, tels que le Hezbollah et le Hamas». Aucune preuve de la présence de membres de ces organisations sur l'île n'a été publiée à ce jour.

Blocus sur les carburants renforcé

L'administration Trump a également introduit des droits de douane punitifs aux pays fournissant du pétrole à Cuba. Les forces américaines ont commencé à intercepter des navires à destination de l'île dans le cadre d'une stratégie d'isolement, tandis qu'un blocus strict sur les carburants reste en place. Le secrétaire général des Nations unies António Guterres a averti que ces mesures risquaient de transformer la crise économique et sociale actuelle en effondrement humanitaire.

Pour Timothy Naftali, historien à l'Université Columbia, une intervention américaine plus ferme serait lourde de conséquences. «Ce qui pourrait mal tourner, c'est ce qui peut mal tourner en Iran. Dans un État policier peuplé de personnes qui n'ont aucun avenir avec un gouvernement pro-américain, il n'y a aucune raison d'abandonner. De plus, les dirigeants détiennent le monopole de la force armée.»

Pourtant, les appels à agir se multiplient dans l'entourage de Donald Trump. D'après plusieurs sources, Marco Rubio réfléchit depuis longtemps à un changement de régime, sans toutefois désigner publiquement un futur dirigeant ni proposer de plan économique précis pour la reconstruction d'un pays affaibli par des décennies de sanctions.

La stratégie que choisira le locataire de la Maison-Blanche dépendra en partie des résultats de ses opérations en cours. Si le Venezuela est resté relativement calme après la capture de Nicolás Maduro, il est encore trop tôt pour déterminer les conséquences des frappes en Iran. À La Havane, le pouvoir mise désormais sur un enlisement américain au Moyen-Orient, susceptible de dissuader Washington d'ouvrir un nouveau front. Au sein de l'administration américaine, la pression continue toutefois de monter. «Le statu quo à Cuba est inacceptable, a martelé Marco Rubio la semaine dernière. Cuba doit changer.»

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