menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Cannes 2026, jour 7: «L'Inconnue», «La Gradiva», «Les Matins merveilleux», «Adieu monde cruel»

30 0
19.05.2026

Cannes 2026, jour 7: «L'Inconnue», «La Gradiva», «Les Matins merveilleux», «Adieu monde cruel»

Jean-Michel Frodon – Édité par Émile Vaizand – 19 mai 2026 à 13h31

Jouant chacun d'une façon singulière avec la question des apparences, les films d'Arthur Harari, de Marine Atlan, d'Avril Besson et de Félix de Givry témoignent de la vitalité du jeune cinéma français.

Temps de lecture: 6 minutes

Cette année, le 79e Festival de Cannes est marqué par le paradoxe d'accueillir de très nombreux films français, dont un tiers de la sélection officielle, tout en étant dépourvu de la présence de la plupart des grands noms du cinéma français, que le festival a d'ailleurs largement contribué à faire reconnaître par le passé. Le corollaire logique de cette situation est la possibilité de découvertes de nouveaux noms. Toutes sections confondues, on trouve en effet sur la Croisette des propositions de cinéma plus que prometteuses et même très accomplies.

Il a déjà été fait mention ici de Mauvaise étoile (de Lola Cambourieu et Yann Berlier) et de Cœur secret (réalisé par Tom Fontenille), deux belles découvertes faites dans le cadre de la sélection ACID, en début de manifestation. Dans l'attente de Notre salut, le deuxième long-métrage d'Emmanuel Marre (en compétition), puis du troisième film de Léa Mysius, Histoires de la nuit, qui clora la compétition officielle, au moins quatre autres titres renforcent cet aspect de l'offre cannoise en 2026.

«L'Inconnue», d'Arthur Harari (en compétition)

Déjà réalisateur de deux films remarqués, Diamant noir (2016) et surtout le très beau Onoda, 10.000 nuits dans la jungle (2021), par ailleurs coscénariste d'Anatomie d'une chute de Justine Triet (2024), acteur notamment dans Le Procès Goldman de Cédric Kahn (2023) et coauteur reconnu de bandes dessinées (avec son frère Lucas), Arthur Harari n'est pas précisément un nouveau venu.

Il n'empêche que son Inconnue consacre son accomplissement comme cinéaste de première magnitude. L'ambition du film, inspiré de la BD Le Cas David Zimmerman (2024), qu'il a coécrite avec son frère, également coscénariste du long-métrage, est aussi évidente que le résultat est troublant. D'un album dessiné à un écran de cinéma, il est évident de dire que le changement majeur est la présence des corps. Or, c'est très exactement le sujet du film.

Si Niels Schneider, sombre et tendu, masculin et fragile, impose la présence d'une apparence mâle et mal en point, habitée par une très jeune fille, c'est plus encore Léa Seydoux qui impressionne.

Celui-ci repose sur un parti pris de pure fiction. David (Niels Schneider) est un homme jeune et renfermé, un photographe absorbé par une........

© Slate