"L’interventionnisme américain au Venezuela donne raison à Vladimir Poutine"
Nous vivons un moment de bascule géopolitique sans précédent depuis la chute du mur de Berlin, parce que l'ordre international façonné depuis 1945 par les instances et les concepts créés et promus par les pays occidentaux est remis en question par le premier d'entre eux, les États-Unis d'Amérique. La scène s'est déroulée en trois actes.
Elle a d’abord pris les traits d’un constat. Le constat ayant préfacé le premier mandat de Donald Trump (2016-2020), celui d’une mondialisation qui n'a pas profité aux États-Unis et qui, pis, s’est retournée contre ses propres géniteurs, affaiblissant les forces productives de la nation, érodant ses bases industrielles, appauvrissant les classes populaires sur fond de délocalisations des usines américaines. À rebours d’une Chine qui, elle, a pleinement profité du cadre mondialisé promu par les États-Unis.
La Chine représentait 10 % de l’économie américaine dans les années 1980. Elle menace désormais le leadership américain, le devenir économique des États-Unis, la force du dollar, jusque dans son étranger proche, jusque dans une zone qui, depuis le XIXe siècle, représente l'arrière-cour des États-Unis : l'Amérique du Sud, dont la Chine est devenue le premier partenaire commercial. Il convient donc d’y remédier.
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Troisième acte aux allures de constat et de stratégie : le recul des États-Unis est le produit d'une timidité géostratégique incarnée par l’universalisme moral et juridique des précédentes administrations, qui, sous couvert d’incarner la vocation universelle des États-Unis, ont affaibli la primauté de l’ordre national et les ressources immatérielles qui en ont fait historiquement la force : l’éthique du travail anglo-protestante (plutôt que la décroissance écologique), la famille traditionnelle (plutôt que le progressisme woke), l’identité nationale (plutôt que le mondialisme ou l’avènement d’une « Amérique-monde » multiculturelle). Dans ce cadre, il convient de réinstaller la puissance américaine sur ses fondements, comme le matérialisent la politique intérieure de Donald Trump, aux accents imperturbablement conservateurs, et la rédaction de la Stratégie de sécurité nationale (NSS 2025) publiée en décembre dernier.
Stratégie dans laquelle l’identité culturelle et la géopolitique, la puissance économique et l’influence........





















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